‹ Le comte Molé, 1781-1855 (volume 2)Chapitre 151 sur 232 · NEUTRALITE DU COMTE MOLE · texte numérisé non relu

NEUTRALITE DU COMTE MOLE

je me suis attiré la haine en m'attachant inséparablement à vous, rien ne trahira ce que j'éprouve, et je m'éloignerai, s'il le faut, pour ôter tout prétexte à la calomnie auprès de vous. Comptez sur moi en tous temps, à toutes les époques. Mon dévouement ne s'éteindra qu'avec moi. — M... »

Le 23 février, le rapport de la loi sur la presse fut présenté k la chambre des pairs. « Dès que le duc m'aperçoit, écrit M. Mole, il m'emmène pour me consulter. Sa manière est plus affectueuse que jamais. Il affecte de me témoigner beaucoup de confiance et d'amitié devant tout le monde, mais il est embarrassé et ne me parle pas de ma derniôre lettre. »

La loi fut adoptée trois jours après. M. Mole n'était pas intervenu dans la discussion, et avait, dans des conversations privées, secondé les ministres dans la mesure où le lui permettaient ses précédentes déclarations. Il fit adopter un amendement qui sauvegardait les droits des journaux déjà existants. Cette intervention causa de l'aigreur à M. de Talleyrand. « Vous êtes dans la loi pour un Toutefois », lui dit ce dernier.

Aune réception aux Tuileries, quelques jours plus tard, M. Mole se vit entouré d'anciens et de nouveaux amis, qui semblaient l'ignorer depuis quelques mois. Les ministres se rapprochent de lui, se souvenant do son ancien crédit sur le président du conseil. Portai lui-même « fait des courbettes ».

Le lendemain, avant la séance de la chambre des pairs, M. Mole se rendit chez M. de Richelieu. « J'allais vous écrire », lui dit celui-ci, et il l'emmena dans son cabinet. « Là, continue M. Mole, il m'apprend que, revenant à mon opinion, les ministres renoncent à leur commission censoriale prise dans les chambres, et consentent à ne demander la censure que jusqu'à

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