‹ Le comte Molé, 1781-1855 (volume 2)Chapitre 152 sur 232 · LOIS SUR LA PRESSE · texte numérisé non relu

LOIS SUR LA PRESSE

la fin de la prochaine session. Du reste le duc me parle avec confiance de sa position, et lorsqu'il en vient à Decazes, il me dit que j'ai été mal pour lui, et que s'il me parle ainsi c'est pour ne rien conserver sur son cœur contre moi. J'essaye, en lui répondant, j'essaye encore une fois de lui faire connaître la vérité, mais je doute que j'aie roussi, tant sont profondes les illusions où ce brave homme a été entretenu par le plus habile des trompeurs.

'< Le Roi donne pour mot d'ordre : Rlie et Chartres. Il fait mettre le portrait de Decazes dans son cabinet. J'entends deux officiers le raconter et s'en moquer sur le. Pont Royal. Il dit à Siméon en recevant son serment : « Je regrette beaucoup, Monsieur, votre prédécesseur »; au chancelier en recevant la loi de la presse : <( La majorité eut été plus forte si M. Decazes y eut été, et il aurait encore mieux parlé que M. Pasqnier. »

<( Je vais le soir chez M. de Richelieu, qui ouvrait son salon, et j'y trouve tout le côté droit. Les ministériels qui s'étaient éloignés de moi s'en rapprochent avec un impudent empressement.

« Le lendemain, entretien avec Laine. Il est bien découragé et attiédi sur le duc de Richelieu, comme si le duc n'avait pas contenté son amour-propre. Peutêtre Laine, tout en ne voulant pas être ministre, -est-il à son insu mécontent que le duc le soit sans lui- >>

La loi sur la presse avait été adoptée par !a chambre des députés avec quelques adoucissements. Celle sur la liberté individuelle passa avec plus de difficultés. Decazes avait promis à M. de Richelieu l'appui de ses amis; il« firent au contraire une violente opposition. Le prétexte de cette attitude fut une intervention maladroite de Clausel de Coussergues, qui renouvela ses

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