IV
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cherchaient à revenir au pouvoir. Ils votrlaient un ministère de ieur nuance, avec ou sans Uecazes, et la discussion des trois projets de loi leur offrit une occasion, qu'ils se hâtèrent de saisir, de faire brèche au ministère.
Royer-Gollard, effrayé de sa faveiar •dans 'la gauche^ hésitait à les suivre et voulait gagner du temps. Il avait vu Decazes la veille de son départ. Celui-ci s'était jeté dans ses bras, en lui reprochant d'être une des causes principales de sa chute.
Le second ministère de M. de Richelieu présentait le même manque d'homogénéité que le premier. M. de Serre, toujours en convalescence dans le Midi, écrivit au président du conseil une lettre dans laquelle il se montrait hostile à toute loi d'exception. Cependant il ne voulait pas créer de difficultés à ses collègues et offrait de revenir tout de suite pour éviter queson absence ne fût mal interprétée, bien que son étal de santé dût encore le retenir six semaines loin de Paris. Il se plaignait vivement des attaques dirigéescontre lui dans le Conservateur par Fiévée et Chateaubriand, d'autant plus qu'il travaillait chaudement pour ce dernier auprès du Roi.
De noirs pressentiments tourmentaient Laine. La situation du cibinet lui paraissait précaire. Il rapporta à M. Mole que Louis XVIII n'avait liiêm® pas remercié M. de Richelieu d'avoir repris le pouvoir. Cette froideur devait être exploitée par les ennemis du duc, qui ne manquèrent pas de représenter le Roi comme n'attendant qu'une occasion pour rappeler Decazes au ministère.
Sur les bancs de la droite, la loi sur la liberté individuelle était accueillie avec une certaine hostilité,, non par principe, mais parce que l'on craignait la
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faiblesse du ministre chargé de l'appliquer. M. de Viilèle était d'avis de ne pas sortir des voies légales, mais n'augurait pas d'on vote hostile au ministère.:
M. MoIé alla le prier de la part dn duc de Richelieu de venir le voir, afin de s'entretenir avec lui. Tous trois examinèrent ensemble la situation. M. de ViHièle insista sur la nécessité d'abréger à tout prix la session, de dissoudre la chambre et de procéder à de nouvelles élections en se servant de la loi actuelle. Il lui paraissait impossible d'obtenir le vote de la loi électorale en vingt-six articles telle que Decazes l'avait proposée, 11 proposa d'y substituer une loi plus simple, qui, en respectant la Charte, établirait les deux degrés.
Le conseil s'occupait de la proclamation que Louis XVIII \x>ulait adresser aux Français k l'occasion de la mort du duc de Berry. Fonlanes avait été chargé de rédiger un projet, et M. de Richelieu l'envoya ù M. Mole en lui demandant ses observations. « Jamais, dit celui-ci, Fontanes ne me parut plus faiblement inspiré. J'envoyai sur-le-champ au duc mes corrections, qui valaient une refonte totale. Dans un long entretien, le lendemain, le président du conseil me consulta comme autrefois, me mettant de plus en plus dans ses affaires. Mes observations ouvrirent les yeux de Pasquierqui, comme Laine, avait d'abord approuvé l'adresse de Fontanes. Mounier la trouva presque inadmissible. En résultat, les ministres trouvèrent que si on prenait le travail de Fontanes pour canevas, on ne pouvait mieux faire que d'adopter toutes mes corrections, mais qu'il valait encore mieux rédiger une nouvelle adresse. Mounier en fut chargé. »
Ce nouveau projet, conçu dans un esprit plus politique que le premier, fut cependant trouvé trop sec et médiocrement écrit. On décida alors de remettre tous