ANECDOTES
Jours. Pendant ces derniers, deux jeunes gens se présentent à lui pour être placés, en disant qu'ils ont des titres particuliers h la protection de l'Empereur. Il leur demande lesquels : « D'avoir rempli, répondentils, plusieurs missions secrètes à l'ile d'Elbe. » Gambacérès met leur pétition, où ils rappelaient ces missions, sous les yeux de l'Empereur. « Ils disent vrai,, lui répondit l'Empereur, et vous pouvez les employer. » Cambacérès eut ainsi la preuve que l'Empereur n'avait pas cessé de correspondre avec Paris et croit que Bassano, Lavalette, et peut-être Rovigo dirigeaient toutes ces menées. La conspiration de Lefèbvre-Desnouettes et de d'Erlon était pour le duc d'Orléans. Cambacérès représentant h Napoléon qu'il, aurait peut-être dû attendre pour revenir que le Congrès de Vienne fût dissous et que les souverains se fussent séparés, Napoléon répondit : « Oui , n'est-ce^ pas, et que l'armée eût proclamé le duc d'Orléans que l'Europe aurait reconnu. » En tout. Napoléon ne craignait que le duc d'Orléans.
« Cambacérès m'avoue que pendant le fameux conseil où assistèrent Lebrun, Talleyrand, lui Cambacérès et Fouché, il s'opposa seul à ce que le duc d'Enghien fût mis à mort. C'était au moment où Napoléon méditait de se faire empereur. Après le conseil, qui fut fort court, Cambacérès suivit Napoléon dans son cabinet et insista de nouveau. « Comment, lui dit-il, voulez-vous répandre le sang d'un Bourbon au moment où vous aspirez à vous asseoir et à prendre rang parmi les souverains de l'Europe? » Du reste, et dans la suite. Napoléon lui sut gré de sa résistance et lui dit même : « Vous aviez raison, ce fut une faute. » Le duc d'Enghien périt par suite d'une intrigue de Talleyrand et de Fouché, qui voulaient entraîner