‹ Le comte Molé, 1781-1855 (volume 2)Chapitre 160 sur 232 · DISCUSSION DE LA REFORME ELECTORALE · texte numérisé non relu

DISCUSSION DE LA REFORME ELECTORALE

sentaient à soutenir le ministère qu'à cette condition. La discassdon fut brillante, elle eut un caractère de hardiesse et de franchisf© dans les opinions politiques que l'on n'avait pas encore vu à la tribune. La révolution «et la contre-révolution s'abordaient ouvertement. Le géîaéral Foy dénon(^a la nouvelle loi coinnie un retour auK anciens privilèges. M. de la Bourdonaaye lui répondit qu'il s'agissait avant tout de modifier un système qui permettait d'envoyer un régicide à la chambre. Royer-Gollard intervint à son tour et représenta »la nouvelle loi comme une loi réfcrograxle, remettant tout le pouvoir aux mains des ministres et de la chambre. «■ On dira qu'il n'y a plus de Charte, concluait-il, ou, ce qui «est bien pire, que la Gtarte a été donnée en dérision des peuples qui l'ont reçue et du Roi qui l'a donnée. ♦> Après une réplique de M. de ViUèle, M. de la Fayette s'éleva avec une violence toute démagogique contre le projet miaiistëriel, affectant d'employer le mot conslilution au lieu du moi charte. M. de Serre lui répondit avec véhémenoe :

« Je ne puis dissimuler ce que la vérité et l'étNPange discours de M. de la Fayette m'obligent à lui dire : c'est qu'il a eu le malheur de se trouver à la tête d'hommes qui ont attaqué la monarchie et qui ne tardèrent pas à la renverser. L'honorable membre a dû sentir plus d'une fois, la mort dans l'àme et la rougeur sur le front, que lorsqu'une fois on a soulevé les masses populaires, on n'est plus maître de les arrêter quand on le voudrait! »

La discussion n'avançait pas. Les doctrinaires voulurent en tirer avantage en faisant proposer par Camille Jordan l'amendement suivant : chaque département était divisé en autant d'aiTondissements électoraux qu'il y avait de députés à élire, et chaque

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arroiidisseiuent, composé des électeurs âgés de trerfte ans et payant i)00 francs de contmJjutions, nommait un député à l'élection directe.

En opposition à cet amendement, Ja droite en disposa un autre <jni demandait que le corps électoral fïit divisé en deux collèges de nature difîépewte. La pniorilé fut accordée à celui de Camille Jordan -par cent vingt-hait voix contre cent vingt-sept. L'existence du ministère était nïenacée.

M. Mole ne put assister à ces débats, retenu chez 'lui pendant trois semaines par une indisposition au cour» de lajquelle il ne vit personne. Il regretta surtout 4e ne pouvoir s'entretenir avec Royer-Gollard. il finit paillai envoyer an biUet où il lui exprimait son éto«nement de ne recevoir de lui aucun signe de vie. Quelque temps aupai*avant, ils avaient eu une longue cemversation; Royer lui avait paru blessé de oe que M. de Gorbières avait repoussé ses avances à ia droite, et, inquiet de voir «on importance diminuer, désespérait de réaliser son rêve de rt'conciliation entre les Bourbons et la France «ouvelle. Il avait ensuite parlé de la loi des élections, de ses auteurs et de ses partisans, avec wn mépris plein de «olère, prédisant qu'elle allait livrer le gouvernement aux «Itras, et qu'avant trois ans on aboutirait k une catastrophe. Il avait terminé cette sortie «n traitant M. 4^^ Jlichelieu 'd'ins<il«ttt » son égard. ... :

Son intervention à la chambre avait refléfe eWt état d'esprit. Aussi M. Malé était-il impatient de tester encore «m effort pour le réconcilier avec ije 4ac.i II tei-minait sa lettre en lui e-xprimant son :adn»iration pour son talent d'orateur, tout en déplorant le mal que son dernier discours poir\'ait faire.

« Il accourt alors, dit M. M(?lé, et nous awws le

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