‹ Le comte Molé, 1781-1855 (volume 2)Chapitre 163 sur 232 · TROUBLES DANS PARIS · texte numérisé non relu

TROUBLES DANS PARIS

Serre tint tête à toutes les attaques, et après avoir attribué la responsabilité de l'émeute aux provocations lancées du haut de la tribune, il répondit que le ministère se chargeait du maintien de l'ordre.

Il fut prouvé que le parti libéral, qui était reste étranger aux premiers désordres, songeait dès lors à en profiter pour faire une révolution. La police de M. Mounier découvrit l'existence d'un comité général d'insurrection' et les noms de ses chefs, parmi lesquels se trouvait un haut magistrat. Quelques arrestations furent opérées. Une ordonnance de police interdit toul attroupement et les écoles furent momentanément fermées. Les régiments de la garde se rapprochèrent de la capitale et toute la garnison de Paris fut misf sous les ordres du maréchal duc de Tarentc. « Epargnez les excès », lui recommanda Louis XVIII, el la cavalerie reçut l'ordre de ne charger qu'après les sommations d'usage et à la dernière extrémité.

La journée du 21 juin fut la plus violente. Le comil< directeur crut tenir la victoire. Les rues étaient parcourues par une foule menaçante qui mêlait aux cris de (( Vive la Charte » des clameurs révolutionnairo et outrageantes pour le gouvernement des Bourbons. Les troupes chargèrent avec une modération qui fut reconnue depuis, et la tranquillité revint peu à peu.

Cette répression fut pourtant dénoncée à la tribune. Manuel traita la garde de troupe d'assassins; mais devant une réplique indignée du général Dambrugeac, parlant au nom de tous les officiers de la garde, il fit des excuses. Parmi les orateurs les plus violents se distinguèrent Laffitte et surtout Casimir Périer, qui

1. Ce comité devint plus tard la haute vente du carbonarisme.

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