AMEN»EME1ST BOIN ET COURVOISIER
devait plus tard réprimer l'émeute avec une bien plus grande rigueur.
Ces circonstances avaient retardé la discussion de la loi électorale. Elles eurent en revanche comme résultat d'amener les esprits à la réflexion. Il se forma un parti de fusion et de conciliation. MM. Courvoisier, Boin et Beugnol vinrent proposer à M. de Serre un amendement qui, tout en conservant l'élection directe, donnait une plus large part à l'aristocratie. On formait deux collèges distincts de département et d'arrondissement. Le premier, composé des électeurs les plus imposés, nommait un nombre donné de députés qui venait en augmentation du chiffre actuel; le collège d'arrondissement nommait à l'élection directe le même nombre de représentants que par le passé.
Ce projet était bien plus en opposition avec la Charte que celui du gouvernement, mais le principe de l'élection directe, cher à l'opposition, était sauvegardé. Le ministère, qui entrevoyait la possibilité d'une transaction sur cette base, se résigna à l'adopter. Après quelques négociations, un certain nombre de députés de la gauche modérée s'y rallièrent également. M. de Villèle en saisit rapidement les avantages, mais il fallut de longues heures à M. Pasquier pour le faire admettre à M. de Gorbières, qui ne voulait pas abandonner les deux degrés. La droite conseatit enfin et l'amendement, qui constituait toute la loi, fut voté à une imposante majorité. La session fut close aussitôt après.
Au cours de ces longs débats, les doctrinaires avaient eu vis-à-vis du gouvernement une attitude sinon hostile, du moins équivoque et douteuse. Pour contenter la droite, le conseil résolut de rompre avec eux. Sur la proposition do Laine, Royer-Gollard,