COMPLOT DU 19 AOUT
èes mesures à prendre vis-à-vis de la conspiraiion, et à la demande de Louis XVIII il fut résolu qu'on chercherait h la prévenir au lieu de la réprimer. Le complot devait éclater dans la soirée du 19. Dans l'aprèsmidi, les conjurés furent arrêtés soit a domicile, soit dans les casernes. Ces arrestations furent opérées sans difficulté, cependant quelques-uns échappèrent. D'autres mesures de précaution furent prises. La légion de la Meurthe, la plus compromise, reçut l'ordre de quitter Paris pour Landrecies, et un certain nombre de ses officiers furent arrêtés en cours de route. La légion de la Seine, les garnisons de Golmar et de Cambrai furent aussi l'objet d'une prompte répression. A Cambrai l'affaire se compliquait d'une intervention étrangère. La garnison devait se porter à la frontière, se joindre à des troupes belges et marcher avec elles sur Paris. Des documents saisis montrèrent que le prince d'Orange avait pris part à cette intrigue.
La conspiration, ne comprenant que des officiers, était de la compétence des conseils de guerre. Mais les ministres redoutèrent de leur part une répression trop sévère, et, se conformant aux volontés de Louis XVIII, saisirent la chambre des pairs constituée en cour de justice et sur la modération de laquelle ils savaient pouvoir compter.
Dans une pensée d'égalité, le ministère songeait a modifier la composition de la Cour. M. Mole avait souvent conseillé à M. de Richelieu de créer un ministère de la Maison du Roi, et de confondre tous les rangs autour de la couronne en y appelant, en même temps que les représentants de l'ancien régime, les illustrations nouvelles et les dévouements récents. Il fut charge d'en établir les grandes lignes.
En le chargeant de ce travail, le duc se montra
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plein de confiance dans l'avenir et rassuré au sujet de la conspiration. Mounier, au contraire, la jugeait d'une extrême gravité. Il exposa que les troubles qui venaient d'agiter Paris, les révolutions de Madrid et de Naples, faisaient partie d'un même complot tramé dans toute l'Europe contre les monarchies de la Sainte Alliance. En Italie les carbonari en étaient les agents les plus actifs, et ils recrutaient des partisans en France dans les milieux bonapartistes et révolutionnaires. A Paris trois partis se trouvaient en présence, l'un favorable à Napoléon II, l'autre au prince d'Orango, le troisième voulait la république. Ils s'étaient mis d'accord pour renverser les Bourbons, quitte à s'entendre ensuite suivant les circonstances. M. de la Fayette était l'àme de la conspiration. Son plan ('tait de s'emparer de la famille royale, et de former un gouvernement provisoire qui rétablirait la constitution de 1791. D'importantes sommes d'argent avaient été distribuées. Le projet d'enlever à Lons-le- Saunier le duc d'Angoulème qui se rendait à Lyon, projet que la police avait déjoué à temps, faisait partie de ce plan d'ensemble. Le ministère avait hâte d'entamer la procédure devant la chambre des pairs, estimant que tout retard ne ferait qu'aggraver la crise. Mounier termina ces confidences en demandant à M. Mole de rédiger le plus tôt possible le travail que lui avait confié M. de Richelieu, la constitution de la maison du Roi en ministère devant renforcer le cabinet qui en avait bien besoin, u Si l'on sort bien du procès, ajoula-t-il, on pourra encore s'en tirer, car le résultat des élections ne peut être que bon. »
Le ministère était toujours à la recherche d'un pro- <iureur général. « M. de Richelieu, continue M. Mole, me prit à part chei sa sœur pour me dire que le chan-