ON DÉCIDE D UN CONGRES A TROPPAU
del surtout redoutait la colère de la vieille duchesse du Duras.
Le comte Mole se rendit le soir à la réception hebdomadaire de M. de Richelieu, où il retrouva tout ce monde d'affaires qu'il avait perdu de vue depuis longtemps et qui lui produisit une impression désagréable. 11 y resta fort peu de temps et pour effacer ce souvenir pénible se rendit à dix heures chez M™«deXX..,
Le lendemain, l'amie dont les confidences avaient occupé son séjour au Marais, lui fit dire par M™« de Rumford de venir la voir à onze heures et demie. « J'y vais, elle me demande mon bras et nous allons nous promener aux Champs Elysées. Elle me dit que M™^ de la Briche et sa sœur lui ont parlé fort sérieusement, que .son mari prend de l'ombrage et ne l'aurait peut-être pas laissée retourner au Marais si je n'avais dû rester à Ghamplâtreux pendant qu'il irait chez lui à la campagne. Je lui off're de bouleverser mes projets et de passer au Marais avec elle le temps que je devais être à Ghamplâtreux. Elle me répond de ne rien faire à cause d'elle, mais sa manière me dit qu'elle compte que je resterai au Marais; toujours aussi pure et appréhendant de me perdre. Je m'oublie et j'arrive en retard à ma commission du Luxembourg.
« Le soir je vais la voir chez sa mère. Je la trouve préoccupée et j'apprends que son mari l'emmène. »
La même incertitude régnait toujours dans les projets du ministère. Rien n'aboutissait. M. de Richelieu redoutait autant d'aller trop à droite qu'il se refusait h suivre la gauche de son ministère. Mounier le sentait, en gémissait, mais ne pouvait rien. Pozzo était inquiet de cette situation. Il vint annoncer à M. Mole que les souverains allaient se réunir à Troppau pour décider, comme l'année précédente à Carlsbad, des mesures à
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prendre contre l'esprit révolutionnaire, dont les récents événements d'Espagne et d'Italie et l'assassinat du duc de B^rry avaient montré les nouveaux progrès. Pozzo comptait bien y être envoyé comme plénipotentiaire, et aurait voulu y être accompagné de M. Mole. Il lui parla de l'ambassade de Naples comme pouvant devenir d'un jour k l'autre très importante et comme lui étant destinée. Il travaillait d'ailleurs à ce qu'elle lui lût donnée.
M. de Richelieu n'y était pas contraire, mais il avait a lutter contre le mauvais vouloir de Pasquier et surtout de Louis XVIII. La situation du duc n'était pas aisée; il s'en ouvrit à M. Mole et lui confia que le Roi avait toujours la même répugnance à nommer un ministre de sa Maison, qu'il adorait plus que jamais iJecazes, et était toujours aussi implacable contre Bertin de Vaux et lui, parce qu'il les regardait comme lt!s deux hommes qui avaient fait le plus de mal au favori.
On attendait la délivrance de la duchesse de Berry, «t s'il naissait un prince, le Roi voulait célébrer cet événement par une vaste promotion de cordons bleus. Très embarrassé à cette perspective, M. de Richelieu «lemandaà M. Mole de lui indiquer un magistrat qu'il put faire décorer. Il persistait toujours dans le projet de marier Monsieur.
La soir, comme diversion h cette conversation d'affaires, M. Mole se rendit chez M"^ de XX... L'entretien roula sur des sujets moins austères, le projet dune intimité basée sur une amitié simple et franche semble avoir été définitivement abandonné. La réconciliation se fit, des promesses engageant l'avenir furent échangées, les grandes résolutions s'évanouinnt. M. Mole écrit cette note laconique : « 22 sep-