‹ Le comte Molé, 1781-1855 (volume 2)Chapitre 179 sur 232 · LE COLLEGE ELECTORAL DE VERSAILLES · texte numérisé non relu

LE COLLEGE ELECTORAL DE VERSAILLES

apprendre à M. Mole qu'il refusait rinstruction publique, bien que sa nomination eût paru au Moniteui\ ne voulant pas s'associer à une politique qu'il voyait s'orienter de plus en plus vers l'extrême droit»'. En partant, il raconta ce trait : le Roi ne trouva rien de mieux à lui dire en lui remettant son Cordon bleu : (( Vous êtes grand, cela vous ira bien. » Oaignant que ses explications ne fussent pas transmises fidèlement, M. Mole les adressa par écrit à Mounier et au duc de Richelieu*. Celui-ci lui répondit

I. Nous ne possédons pas la lettre qu'il adressa au duc de Richelieu. Celle qu'il envoya à Mounier est ainsi conçue :

Mardi, 10 octobre 1820.

« Mon cher Meunier, mon préfet et mon sous-préfet viennent de n:e (lire que le ministère persistait à vouloir qi e je présidasse le collèfio de Versailles, la ré?olt1ion négative que je vous ai fait ccnnaitie avant de partir peur la csmpagne est cependant invariable. Tous Us motifs en sont pris dans l'intérêt des élections, et je les ai écrites ce malin encore au duc de Richelieu. Veuillez donc porter vos vues sur un autre que sur moi J'ai ramené hiei ici un de mes enfants un peu malade et j'aurais été causer ce malin avec vous si un gros catarrhe ne me retenait le matin au coin de mon feu. A propos de feu, bien des choses me paraissent avoir fait long feu depuis que nous ne nous sommes vus.

« Mille et mille amitiés.

' « Mole; >>

Le duc répondit le lendemain :

Mercredi, 11 octobre 1820.

" Je suis désolé de vous voir apporter pour cause de ce refus un motif qui ne me paraît pas fondé. Je suis désolé surlout de ce que ]v croyais tous avoir expliqué. J'en suis triste, mais je ne me sens pas coupable. Vous me feriez presque regretter le favoritisme, car alors, je serais plus à portée de laire ce que vous désirez. Knfin, si vous avez une trop grande répugnance à remplir la place de président du collège électoral, si vous le refusez absolument, il faut que ce soit bien pour vous-même et non pas, comme vous le dites, pour le bien de la chose, car le préfet et Vérac lui-même assurent que vous y auriez une influence bien plus grande que la mienne. Faites donc dans le sentiment du bien public ce que vous croirez de mieux, je m'en rapporte à vous, et quel que soit le jugement que vous portiez de moi, comptez sur ma tendre amitié pour toujours.

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