LA FRANCE AU CONGRES UE TROPPAU
« Pasquier me dit qu'il avait entendu Gariati*, et avait refusé de lui laisser déployer aucun caractère et de remettre au Roi les lettres dont il était porteur, mais qu'il lui avait permis de rester à Paris comme simple voyageur. »
La révolution de Naples avait ajouté à la complication de la situation extérieure. Dès qu'il en reçut la nouvelle, M. de Metternich fit mettre sur le pied de guerre les armées autrichiennes de Lombardie et du Tyrol et se prépara à envahir les Etats du roi Ferdinand. Une intervention armée de l'Autriche aurait eu pour résultat de mettre fin à l'influence de la branche ainée des Bourbons à Naples et de détruire le pacte de famille. Le ministère donna pour mission au marquis de Caraman, qui avait rejoint en toute hâte son ambassade de Vienne, de s'opposer au principe d'intervention. Lord Stuart reçut de son gouvernement des instructions semblables. Tous les efforts du prince de Metternich allaient tendre h rallier l'empereur de Russie à sa politique. Le comte de la Ferronnays, ambassadeur de Louis XVIII en Russie, devait au contraire chercher h faire approuver par Alexandre les vues du gouvernement français. Ce monarque, en
1. Le prince Cariali, homme d'État napolitain, aide de camp du roi Murai, puis diplomate, accompagna le duc de Canipo- Chiaro au congrès de Vienne en d815. 11 demeura fidèle à Mural et négocia avec les alliés la retraite de sa famille. Ferdinand I' ' ne lui en garda pas rancune et le nomma ambassadeur à Paris. Après la révolution de 1820, il dut s'exiler.
Le duc de Campo-Chiaro, ministre de la Maison du roi Joseph, puis ministre de la police de Murât, négocia pour celui-ci le traité sfrcret de 1814 qui séparait sa fortune de celle de Napoléon. Il défendit ses intérêts au congrès de Vienne et l'aurait peut-être sauvé, lorsque l'équipée de 1815 précipita sa ruine. Campo-Chiaro reparut comme ministre des Affaires étrangères lors de la Révolution de 1820.