CONGRÈS DE TROPPAU
effet, était le maître de la situation ; son abstention isolait l'Autriche et l'arrêtait dans ses projets de répression. MM. deCaraman et de la Ferronnays furent envoyés tous deux à Troppau comme plénipotentiaires.
Pozzo vient s'en entretenir avec M. Mole et reste deux heures enfermé avec lui. « 11 pense que les Autrichiens voudront aller à Naples et que les autres puissances les laisseront faire à la condition d'ouvrir des conférences conciliatrices dès qu'ils y seront. « Là, ajoute Pozzo, le rôle le plus important et le plus beau sera celui de la France. On le sent et on le veut chez nous, mais Capo m'écrit que ce rôle doit être joué par un homme qui soit précédé d'une certaine réputation d'habileté. J'ai dit au duc qu'il devrait vous confier cette belle et délicate mission. Il m'a répondu que telle était son intention. Je vous préviens donc que je vais vous indiquer à Capo et à l'Empereur pour les rassurer» »
Le lendemain 26 octobre, « diner chez Pozzo avec le duc, sa sœur et Lady Elliot. Je le trouve enfermé avec le duc pour lui faire lire les dépêches qu'un courrier de son cabinet vient de lui apporter. Nous ne dînons qu'à sept heures et demie. Après dîner, il me fait lire la lettre où Capo, au nom de l'Empereur, demande avec instance un troisième plénipotentiaire français. Du reste, il lui annonce qu'Alexandre, loin d'être détourné ou découragé de ses desseins par le défaut de coopération de l'Angleterre, n'en compte pas moins sur l'exactitude des autres puissances, et de la France en particulier, à remplir toutes les conditions de la SRÎnte Alliance. Pozzo me dit que le ministère ne peut trouver un troisième plénipotentiaire au niveau de cette mission si je ne m'en charge pas, et qu'il craint bien que ma santé ne me permette pas un tel voyage