ÉLECTIONS ROYALISTES DE
blée, ils adoptèrent à son égard une attitude des plus bienveillantes : « Ils me ménagent et me parlent en conséquence, dit-il. Accueil remarquable que Monsieur me fait au château. Son mouvement qu'il retient pour me prendre les mains. »
M. Mole eût voulu que le Roi témoignât une marque d'estime au duc de Richelieu, dans l'espoir que la chambre hésiterait à se déclarer contre un ministre jouissant de la faveur royale. Il donna à Mounier l'idée de faire acheter par le Roi, pour en faire présent au duc, un portrait du cardinal de Richelieu qui se trouvait chez un marchand célèbre de l'époque, du nom de Grawford. Pasquier fut chargé d'en parler à Louis XVIII, mais il échoua complètement.
Le ministère allait se trouver pendant la prochaine session devant une chambre hostile. M. de Richelieu examina la situation avec M, Mole. Celui-ci écrit :
« — Que pensez-vous de tout ceci, me dit le duc, et comment croyez-vous qu'il faille s'y prendre pour conduire cette chambre? »
(( — Il n'y a que Monsieur qui puisse nous en donner le pouvoir. Emparez-vous de Monsieur, flattez son amour-propre en le voyant souvent et paraissant le consulter. Il voudra tout ce que vous voudrez. Donnez-vous pour but principal de renvoyer les chambres au l^"" avril, réunissez en conférence les chefs de la droite dans les deux chambres, faites-leur accepter tout votre plan de session, et obtenez d'eux qu'ils ne laissent faire aucune proposition. »
(( Le duc paraît frappé et approuve, mais n'ose s'avancer sans ses collègues, qui le dominent. Il me dit ensuite que ïroppau lui donne bien de l'embarras,^ que les Autrichiens vont aller à Naples, que la Russie y consent, mais que la France ne sait quelle attitude