‹ Le comte Molé, 1781-1855 (volume 2)Chapitre 190 sur 232 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

Froissement avec le duc de Richelieu. — M. Mole refuse la légation de Madrid. — Le complot du 19 ao*it devaot la chambre des pairs. — Le congrès de Laybach (décembre 1820-avril 1821). — Lettres de Pozzo. — Retour de Decazes. — Pozzo nommé ambassadeur à Paris. — Avances de Talleyrand au comte Mole. — Entrée îles Autrichiens à Naples. — Révolution àTurin. — Insurrection grecque coatre les Turcs. — Troubles à Grenoble et à Lyon. — Mécontentement des royalistes, — MM. de Villèle et de Corbières se retirent du ministère. — La souscription pour l'achat du château de Ghambord. — Élections royalistes de 1821. — Procès du lieutenant-colonel Maziau. — Violente séance à la chambre des pairs. — Chute du second ministère Richelieu.

M. de RichelHîu venait de recevoir des nouvelles de Xaples. Le roi Ferdinand I*"^ allaitse rendre à Laybach, après en avoir obtenu, non sans difficulté, l'autorisation de son parlement. La séance oîi celte affaire fut discutée s'était passée d'abord en menaces et en tumulte, on avait même parlé de mettre les ministres en accusation. Finalement, le consentement au départ du Roi avait été volé, mais en termes qui liaient de plus en plus le souverain. M. Mole note dans son journal : « Lâcheté et diarrhée du Roi », et il ajoute : « Brillante allocution du prince Vicaire général* aux

1. Le pinace Vicair« général à Naples en 1820 était ie fils alnè du roi Ferdinand, François duc de Galabre. Il exerça le pouvoir

niinistras étrangers. » Sur les conseils de Capo d'Istria, l'empereur Alexandre avait écrit au Pape pour l'engiger à ofTrir sa médiation.

Eu <*ommuniquant ces nouvelles au comte Mole, le duc ajouta, non sans quelque embarras, qu'il lui avait paru convenable que M. de Blacas, connu et aimé du roi de Naples et qui avait contribué au mariage du dinde Bjrry, allât recevoir ce prince à la frontière des Etals roîuiins et ne le quittât plus jusqu'à son retour. « C'est alors, ajouta le duc, que nous vous enverrons à Naples pour achever la besogne. »

C'était une manière détournée d'apprendre à M. Mole que le comte de Blacas lui avaitélé préféré [)our représenter la France à Laybach en qualité de pl<Miipotentiair^ Le duc montra ensuite le désir et l'espoir de se rendre lui-même au congrès. Capo d'Islria l'en avait vivement pressé dans une lettre particulière, lui rappelant Aix-la-Chapelle oi^i son inlluence avait été prépondérante. M. de Richelieu eut cependant préféré Ferrare, moins éloigné que Laybach.

M. Mole ne laissa rien percjr de sa déception sur le moment, mais, rentré chez lui, il écrivit au duc ' :

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