‹ Le comte Molé, 1781-1855 (volume 2)Chapitre 193 sur 232 · Arch. de Ch · texte numérisé non relu

Arch. de Ch

LA LÉjjAHQN DE MADRID. 409

mon caractère, en reconnaissant qu'il ne peut y avoir de comparaison entre l'inconvénient de mécontenter C;iraman et celui de me mécontenter.

« Je connais si bien celui que je fais parler ainsi qu'il n'y aura peut-être pas une virgule à changer au langage que je lui prête.

(( Le fait est que vos bonnes intentions pour moi resteront sans effet, tant que la queue de M. Decazes gouvernera la diplomatie.

« La proposition venait en effet de moi, répondit M. de Richelieu ' et ne m'avait été suggérée par personne. O n'était qu'une proposition qui me semblait pouvoir être faite aussi naturellement qu'elle peut se refuser. Pour les affaires et l'importance, elle peut se comparer à tout. Je conçois cependant à merveille que le titre d'ambassadeur de moins fasse une grande différence. MM. de Garaman et de la Ferronnays ne peuvent pas ne pas aller où vont les princes auprès desquels ils sont accrédités. M. de Blacas, le roi de Naples allant à Laybach, m'a paru nécessaire à y envoyer. Mais, au nom de Dieu, ne croyez donc pas à toutes les combinaisons malveillantes, auxquelles, je vous assure et vous proteste, que je serais à mille lieues de donner les mains, si elles existaient. Nous verrons, si cela a lieu, quand il s'agira d'envoyer quelqu'un à iXîiples, et en attendant, calmez, je vous en supplie, votre imagination et ne doutez pas du plaisir que j'aurais à vous donner la preuve que, malgré le Roi lui-même, je parviendrai à vous obliger.

« Mille amitiés.

d. IJ.

Page 1