LE COMPLOT DU J9 AOUT
<( Je refuse d'être ministre à Madrid », consigne M. Mole au bas de cette lettre. Il ne parut pas aux Tuileries à la réception du 1**" janvier.
L'instruction du complot du 19 août était close. Pastoret commença la lecture du rapport à la séance de la chambre des pairs le 28 décembre et la continua le 2 et le 3 janvier, (tétait un travail immense par son étendue, médiocre quant à sa forme, où se retrouvait toute la finesse de Sémonville pour ne pas se brouiller avec aucun parti. On se trouvait en face d'un « vaste complot, environné d'une atmosphère conspiratrice immense ». Tout ce qui ne voulait pas des Bourbons était réuni provisoirement pour les détruire, conspiration plus effrayante encore comme symptôme que par elle-même. D'Argenson, La Fayette, pour ne citer que les principaux, y étaient compromis, et l'on s'étonna que la commission d'enquête ne les eût pas appelés devant elle. M. Mole demanda et obtint l'impression du rapport.
Le procureur général Jacquinot commença le 4 janvier son réquisitoire, qui se prolongea durant cinq séances. La fin était une sorte de rapport de police où beaucoup de généraux tels que (irouchy, Foy et Cîauzel étaient nommés. Le duc de Richelieu dit tout bas au comte Mole que celte dernière partie était de Ravez, et avait pour objet do provoquer un supplément d'instruction. wSon eiîet sur la chambre fut tout autre. Tous les généraux s'en of!en>èrent et la prirent pour une déclaration de guerre. Devant cette opposition, le chancelier et le rapporteur soutinrent qu'un supplément d'enquête était inutile et serait même dangereux. Ils avaient raison en ce sens qu'il était trop tard, mais au début, l'instruction eût pu s'étendre davantage