‹ Le comte Molé, 1781-1855 (volume 2)Chapitre 195 sur 232 · DEVANT ]LA CHAMBRE DES PAIRS. 4H · texte numérisé non relu

DEVANT ]LA CHAMBRE DES PAIRS. 4H

Quand le réquisitoire fut terminé. M- Mole en demanda également l'impression, mais ne put l'obtenir en entier. La chambre la refusa pour la partie qui accusait les généraux et avait causé tant d'émoi. Il se rendit le soir chez M. de Sémonville et le chancelier. CeuK-ci parlèrent avec le plus profond dédain des ministres, et en particulier du garde des Sceaux. <( C'est ce dernier, dit le chancelier, qui a décidé le conseil à demander le supplément d'instruction. »

Tandis que se déroulaient ces débats, le congrès de Liybuch avait commencé ses travaux. Les premières négociations roulèrent sur le droit d'intervention, ses limites et ses bases. Le cabinet de Paris cherchait à l'atténuer, et des notes s'échangeaient sur ce point. Shrader, qui gérait l'ambassade en l'absence de Vozzii, montra au comte Mole la réponse de son gouvernement aux observations de Pasquier, lesquelles -0 trouvaient en marge du texte. Ces observations étaient en général d'une argumentation faible et quelquefois cassantes. Pasquier disait entre autres au ministre russe qui faisait appel à la solidarité des puissances, que l'alliance européenne n'était qu'une phrase oratoire. II résulta de cette réponse un certain refroidissement entre la Russie et la France.

Le procès du complot était momentanément suspendu à cause du supplément d'instruction que le ministère continuait à vouloir faire accepter. M. Mole fut plusieurs jours sans voir les ministres. Lorsqu'il les revit, ils étaient toujours dans les mêmes sentiments; il ne leur cacha pas qu'une seconde instruction, s'étendant à de nouveaux inculpés, lui paraissait impossible et dangereuse, parce qu'elle était trop tardive. M. de Richelieu insista, sans chercher à le convertir, de Serre se montra violent, Pasquier ne se

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