LE COMPLOT DU 19 AOUT
prononça pas et M. de Villèle se montra mécontent de sas collègues et de son parti. C?lui-ci s'inquiétait d'une intrigue nouéa entre Rerlin de Vaux et ïalleyrand pour former un ministère de droite. D'accord en cela avec M. Liirié, M. de Villèle aurait voulu que la droite cessât ses attaques contre de Serre et M. de Richelieu, avec l'arrière-pensée d'un ministère Richelieu-de Serre. Laine s'appuyait sur la droite. De son côté, le duc, pour retenir M. de V^illèlii et calmer les impatiences des royalistes, pansiit à lo nommer ministre de l'administration de la Guerre.
Le soir, M'"^ de Vaudémont, rencontrant M. Mole, lui dit tout bas, à son grand élonnement, qu'elle savait son refus du poste dô Madrid et ne lui dissimula pas qu'elle trouvait qu'il avait eu tort. Pour finir sa journée, M. Mole alla diner chez Bertin de Vaux en compagnie de M. de la Bourdonnaye et de Bruno de Boisgelin. Gaux-ci mirent un soin alTeclé à ne pas parler de M. de Talleyrand. Faisant le découragé, de Vaux alla jusqu'à exposer comment il composerait un ministère royaliste, et n'y mettait pas le prince. Chargé sans doute de cette démarche, M. de Boisgelin fit entendre à M. Mole que Talleyrand avait le projet d'être très gracieux pour lui dans la commission de la compétence de la chambre haute, où ils siégeaient ensemble, et qu'il travaillerait à le faire nommer rapporteur.
Une nouvelle tentative de rapprochement était faite le lendemain par M. de la Bourdonnaye, Gelui-ci lui écrivit dès le matin pour lui apprendre qu'il avait beaucoup regretté de n'avoir pu la veille lui rapporter ces paroles de M. de Talleyrand :
« Je ne sais pas pourquoi je suis mal avec M. Mole ; si on me nomme rapporteur, cela me donnera nalu-
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rellemant de nouvelles relations avec lui, et j'aurai grand plaisir à le revoir chez moi. »
Il s'agissait de décider si la compétence serait fondée sur la qualité des personnes ou sur la qualité du délit. M. Mole était partisan de la première opinion. II fallut nommer un rapporteur. M. de Talleyrand voulait qu'il n'y eût qu'un seul rapporteur pour cette loi et pour celle sur I& règlement, qui était également en discussion. Au scrutin, M. Mole eut trois voix, il donna la sienne à M. de Pontécoulant, M. de Talleyrand en eut une, de même que Sémonville -et Lally. Au second tour M. Mole fut nommé par quatre voix.
On s'ajourna au lendemain, et M. de Sémonville proposa aux commissaires de se réunir le soir à diner chez lui. M. Mole refusa et son refus entraîna celui des autres. Lally lui apprit alors que Sémonville lui avait dit la veille que Talleyrand, pour qui il avait voté, voulait être rapporteur et que c'était pour lui complaire qu'il avait voulu réunir la commission à diner.
Celle-ci tint séance au jour convenu. M. Mole maintint son point de vue, la discussion reprit, confuse et agitée. On alla aux voix, et M. Mole se trouva, ainsi que Talleyrand et Lally, du côté de la minorité. Il demanda alors qu'on nommât un autre rapporteur; ' on se fàchi et on se sépara sans que personne voulût se charger du rapport.
Lo 2t janvier eut lieu la première séance où la chambre des piirs eut à statuer sur l'acte d'accusation. Les doctrinaires, appuyés par la gauche, demandèrent que la Cour se prononçât sur sa compétence. M. Mole les combattit, mais les ministres se rangèrent de leur côté et remportèrent. Le supplément d'instruction demandé par de Serre fut rejeté. La peur avait été