‹ Le comte Molé, 1781-1855 (volume 2)Chapitre 197 sur 232 · LE CONGRES DE LAYBACH · texte numérisé non relu

LE CONGRES DE LAYBACH

plus forte que i'esprit de parti, on avait craint des représailles. Les débats se déroulèrent dans une atmosphère d'indulgence, de nombreux pairs protégeaient la plupart des accusés, le duc de Richelieu et la majorité de ses collègues inclinaient pour la clémence, il s'ensuivit des condamnations et des peines légères. Les royalistes se tournèrent dès lors définitivement contre le ministère, lui reprochant de livrer par sa faiblesse la royauté à ses ennemis.

Les négociations de Laybach occupaient l'attention de M. de Richelieu plus que le procès en cours devant la chambre haute. Le cabinet de Paris n'était pas favorable h une occupation armée de l'Autriche. Lord Castlereagh avait adressé une note protestant contre le principe d'intervention, et Pasquier avait répondu à peu près dans les mêmes termes à la déclaration du Congrès. Cependant il ne trouva pas auprès de lord Stuart l'appui sur lequel il pouvait comptiir. Les négociations secrètes de lord Castlereagh prouvent qu'il entrait personnellement dans les vues du protocole de Troppau, et sa circulaire n'était qu'une satisfaction accordée à son parlement. Le marquis de Garaman aurait dû recevoir comme instruction de s'associer à la résistance officielle de l'Angleterre, mais le duc de^ Richelieu se heurtait à une double difficulté. D'un coté les principes de la Sainte-Alliance étaient en faveur auprès da la majorité de la chambre des députés, d'un autre, la révolution de Naples avait l'appui des libéraux en France.

Les instructions de M. de Caraman consistèrent en un moyen terme ; il fut chargé de soutenir le principe de non-intervenlion sans l'adopter d'une manière absolue, et surtout sans heurter les idées de l'empereur Alexandre. Cela ne réussit pas complètement. Il

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avait cherché a s'appuyer sur les petits princes de l'Italie, mais M. dé Mettemlch les dominait et son influence l'emporta. Dès lors le cabinet de Vienne fut le maître du Congrès et les princes italiens ou leurs ministres se rallièrent avec empressement au principe d'intervention, sans en prévoir les répercussions dans leurs pays respectifs.

Les trois puissances, l'Autriche, la Prusse et la Russie, rédigèrent une circulaire par laquelle il était annoncé que Tarmée destinée à agir contre la révolution avait reçu l'ordre de se porter sur les frontières napolitaines. Les souverains alliés assuraient qu'ils n'avaient d'autre but que le salut de leurs Etats, l'indépendance des gouvernements légitimes, et l'intégrité de leurs possessions. Pasquier y répondit par une déclaration où la France se plaçait, à très peu de chose près, sur la même ligne que l'Angleterre.

Pozzo tenait M. Mole au courant de ce qui se passait à Laybach. A quinze jours de distance il lui écrivit' :

Laybach, 30 jantier 1821.

« Mon cher ami,

« Votre dernière lettre est du i"' de ce mois, je n'en ai pas reçu depuis; une des miennes doit vous être parvenue après avoir invité (?) celle-là.

(( Nous venons de terminer tout ce qui a dû précéder la marche de l'armée autrichienne sur Naples, et lorsque ces lignes vous parviendront, elle aura déjà passé le Pô. Le Roi va se rendre à Rome et de là dans sa capitale aussitôt qu'il pourra; je l'accompagnerai ainsi que le comte, de Blacas et le général Vincent.

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