AU COMTE MOI.K
« I>o là Talleyrand, comme Perrelt»' au pot au lait, fait avec moi tout son ministère. Davoust à la Guerre, Sébastiani à la Marine, Mollien aux Finances, Mole à l'Intérieur, Daru à rinsiruction jmblique. Il cherche un garde des Sceaux sans pouvoir le trouver, regrettant de ne pouvoir prendre de Serre. Il supprime le Conseil d'Ktat, la Cour, mais ne va pas jusqu'à l'idée de casser la chambre et d'en convoquer une nouvelle pour réviser quelques articles de la Charte en rentrant dans les ordonnances de juillet 1813, cependant il reçoit avec grande considération cette suggestion quand je la lui présente. Du reste, il ne voit pas que je me prête aux rêveries de son ambition avec cette espèce de complaisance qu'on a avec les femmes ou avec les enfants. »
Ils se retrouvèrent le soir chez la duchesse de Courlande. Dans la journée, on avait appris la mort de Fontanes. La bourse avait été mauvaise. M. de Talleyrand allait de groupe en groupe, répétant que les fonds avaient baissé parce que le bruit s'était répandu que le ministère restait en fonctions. II s'en prit ensuite à Decazes, qu'il affectait de regarder comme un homme fini. Mais cette appréciation n'était qu'une façade destinée à dissimuler un traité secret qui les liaient l'un à l'autre. Decazes avait déclaré qu'il ne prendrait pas la place « toute chaude de M. de Richelieu », mais avec l'intention de la faire occuper d'abord par M. de Talleyrand et de lui succéder peu après. Le prince cependant était inquiet d'une combinaison qui se formait en dehors de lui sous les auspices de Gouvion Saint-Cyr, de de Serre et de Louis et à laquelle s'était rallié le duc de Dalberg.
Le duc de Richelieu finit par être mis au courant de ces intrigues et s'en montra fort irrité. Decazes,