‹ Le comte Molé, 1781-1855 (volume 2)Chapitre 208 sur 232 · RETRAITE UES CHEFS ROYALIS'Ç^ES · texte numérisé non relu

RETRAITE UES CHEFS ROYALIS'Ç^ES

Tétait pas moins à les laisser partir. Cependant, à la demande du dvic, M. Mole tenta une réconciliation, et fit une démarche auprès de Mounier et de Laine. Avec beaucoup de difficultés, on arriva à un compromis. Laine, « en pleurant et bien malgré lui », accepta de prendre l'Intérieur, Corbières l'Instruction publique elles Cultes, Villèle la Marine. Les amis du ministère ; se réjouissaient, lorsque M. de Villèle émit une nouvelle exigence en réclamant le portefeuille de la Guerre pour le duc de Bellune. Il avait obtenu gain de cause, mais, se ravisant tout à coup sous l'influence ^ de Monsieur, il revint dire au duc :

(< Tout cela est inutile, laissez-nous nous en aller, il faut que nous redevenions hommes. »

Le soir môme il partit pour Toulouse où il présidai-t le collège électoral et Corbières pour Rennes. Celui-ci ■ avait eu une dernière audience de Louis XVIII, où (( il s'était montré grossier et dur, et le Roi en était . resté fort courroucé » . '

Le départ de deux ministres d'Etat sans portefeuille laissait subsister le ministère, mais lui. enlevait l'appui de l'extrême droite. Pozzo y vit avec inquiétude d chances pour la rentrée de Decazes et le retour à une politique anglaise et anlirusse. Il fit des démarches pressantes auprès de M. de Richelieu pour le pousser à dissoudre la chambre et à s'allier avec le centre gauche. D'ailleurs, avant de partir, M. de Villèle lui avait confié que la haine entre le Roi et son frère était un obstacle à tout, et que Jules de Polignac avait fait beaucoup de mal en poussant Monsieur dans sa politique extrême. » Pendant ce temps, le comte d'Artois affectait de dire qu'il n'était pour rien dans tout ' pela, et paraissait avoir grand peur. »

Placé entre la double intrigue de Decazes et du

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Pavillon de Marsan, M. de Richelieu avait hésité pendant quarante-huit heures, passées, comme eu 1818, en vomissements et en attaques de nerfs. Laine, plus dégagé qu'à cette époque, lui conseilla de rester. Effrayé du pouvoir que Decazes conservait sur le Roi, il lui signala avec insistance les intrigues du favori avec M. de Talleyrand et l'Angleterre et ce fut pour s'opposer à cette politique anglaise que le duc se décida à rester. D'ailleurs, M. I^iné prévoyait que le ministère aurait peu de chances de se maintenir dès l'ouverture de la prochaine session et proposait néanmoins de rapprocher le plus possible la convocation des chambres, pour ne pas avoir à leur demander de douzièmes provisoires.

A la date du 5 juillet, M. Mole note dans son journal : <( Mort de l'Empereur. Je l'apprends chez le prince de Talleyrand, avec M™« de Dino, Daru, Lord Holland. »

Étant allé finir le mois à la campagne, il tomba malade et dut revenir à Paris pour consulter Moreau, son médecin. « Spleen, dégoût de la vie », écrit-il, puis il retourna à Champlàtreux. Quelques jours après, le 11 août, M. de Richelieu et sa sœur vinrent y diner. Ils faisaient route avec la reine de Suède'. La souveraine refusa d'entrer. Elle accompagna le duc jusqu'à la grille du château et y laissa un homme à cheval pour l'avertir, dans une auberge voisine, du moment où il repartirait.

Le 12, retour à Paris avec femme et enfants. M. Mole va voir Pozzo malade, qui lui demande s'ilne voudrait pas remplacer Chateaubriand à Berlin, poste, dit-il, d'une grande importance. « Je hausse les

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