‹ Le comte Molé, 1781-1855 (volume 2)Chapitre 21 sur 232 · LES BANQUIERS DE L OPPOSITION. -J · texte numérisé non relu

LES BANQUIERS DE L OPPOSITION. -J

rêter la crise où se trouvait la place de Paris, osa lui dire en ma présence :

« Voilà ce que c'est que d'avoir remis la fortune publique entre les mains des étrangers! »

<( Et ce même Laffitte avait craint d'exposer ses capitaux, en les employant à affranchir son pays. Il savait bien que nous n'avions appelé Baring et Labouchère qu'en désespoir de cause et sur le refus des banquiers français. Parmi ces diirniers, toutefois, il s'en trouva un qui, vraiment homme de bien, déplorait la conduite de ses confrères, il n'est pas besoin de nommer Benjamin Delessert.

(( Les embarras du ministère^ sa difficulté d'être, croissaient donc tous les jours. Le conseil devant se réunir le 30 octobre, je résolus d'y attaquer toutes les grandes questions. L'objet annoncé de la séance était l'examen du projet <le loi sur la presse. Je représentai que nous ferions bien mieux de nous occuper de notre situation générale et aussitôt entrant en matière :

« Ce qui vient de se passer aux élections, conli- . nuai-je, donne lieu à de graves réîlexions. L'ennemi y a jeté le manque et s'est montré à mon avis moins formidable qu'audacieux ; mais ce qui ressort de toutes parts, ce qui me paraît démontré, c'est que si l'esprit public suit le même progrès, s'il est incessamment ; travaillé par les mêmes écrivains, livré aux mêmes influences, dans un an la révolution aura pris possession des chambres et la France sera de nouveau, et à la fois, menacée du (léau de l'anarchie et du joug de.s étrangers. Que si le danger n'est pas aussi grand que je me le figure, qu'on me le prouve, je ne demande qu'a être rassuré, mais dans le cas contraire, je (Jemande qu'on^ agisse et ne se Jaisse pas envahir.

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