CRISE FINANCIERE
place de Paris éprouvait et qui s'aggravaient à toutes les bourses. La rente était à 67, plusieurs agents de change étaient en fuite, entre autres, celui de Decazes, nommé Sahuc, quoique les banquiers Baring et Gouzy eussent promis de le tirer d'affaire. Corvetto nous dit qu'il ne voyait pas d'autre moyen de prévenir une catastrophe générale que de faire avancer aux agents de change par le trésor public, la somme nécessaire pour la liquidation de fin iiu mois. Personne n'osait lui répondre, n'ayant aucun autre expédient à proposer. Je ne pus cependant m 'empêcher d'observer qu'un emploi aussi illégal des fonds de l'Elat ne pouvait être autorisé ni du Roi, ni de son conseil. Le pauvre et excellent Corvetto en était aux larmes et aucun de nous n'imaginait une manière d'aller à son secours. [Comme si la difficulté n'eût regardé que lui, on se hàla do passer outre et de s'étourdir en parlant d'autre chose. Pasquier présenta au Roi la liste du Conseil d'Etat. Je reproduisis mes réclamations en faveur de Janet. Elles étaient tellement fondées, que le Roi en parut frappé, Pasquier, lui-même,, allait se laisser lléchir, lorsque le favori prit un visage OLi se peignait l'étonnement et le scandale qu'on osât faire un maître des requêtes malgré lui. Aussitôt, le Roi, qui venait d'écrire le nom de Janet, s'arrêta et raya avec précipitation ce nom qu'iTavait à peine tracé.
« Cependant, le lendemain, la 'rente remonta et ati moyen d'une cotisation de tous les agents de change et de quelques banquiers, la liquidation si redoutée du mois de novembre put s'opérer. Le soir, M. le duc de Berry donnait un grand bal au Palais de l'Élysée- Rourbon. Mais avant de parler de la rencontre que j'y fis, je suis obligé de retourner quelque peu enarrière. »