‹ Le comte Molé, 1781-1855 (volume 2)Chapitre 3 sur 232 · MEMOIRE DE MONSIEUR · texte numérisé non relu

MEMOIRE DE MONSIEUR

remis au Roi où non S3ulem3nt il s'élevait contre le projet de dissoudre la garde nationale, mais où il critiquait enore dans tontes ses parties la marche suivie par le gouvernement. Ce mémoire, fort travaillé, laborieusement écrit, était évidemmant l'ouvragB de plusieurs mains et nous crûmes y reconnaître celles de Vitrolles et de Chateaubriand. Nous résolûmes de ^er^liner cette lutte, en présentant le mercredi suivant au Roi l'ordonnance de dissolution. Nous achevâmes ensuite d'arrêter la liste des présidents et des candiilats pour les très prochaines élections. Je fis nommer le vice-amiral Emeriaux président dans le Finistère, quoiqu'il eût fait partie de la chambre des pairs pendant les Cent Jours. Decazes nous entretint de ses efforts pour faire élire son beau-père Saint-Aulaire député dans le Gard, afin de mettre Laine dans l'impossibilité de s'y opposer, au moins ouvertement^ On reparla à cette occasion d'appeler le miréchal Mortier à la chambre des pairs et d'y rappehr Suchet. M. Laine fut chargé d'écrire au doc de Richelieu pour lui en faire la proposition formelle.

« Le lendemain Pozzo reçut l'ordre, tant désiré, de se rendre h Aix-la-Chapelle. Son maître lui avait fait écrire de s'y trouver le 7 octobre pour lui. rendre compte de C état de la France. Mais Alexandre devait y arriver lui-même le 30 septembre et Pozzo remarquait avec inquiétude qu'il avait voulu rester huit jours sans lui.

« Le Roi avait la goutte à la main et je fus savoir de ses nouvelles chez Decazes. Le favori me dit que l'attaque était légère, mais qu'il était bien mécontent de son entretien avec le monarque. «Mon crédit, ajoutal-il, est, je vous assure, bien loin d'être ce qu'on le croit. Le Roi m'a refusé hier tout ce que je lui ai

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