‹ Le comte Molé, 1781-1855 (volume 2)Chapitre 4 sur 232 · RELATIF A LA GARDE NATIONALE · texte numérisé non relu

RELATIF A LA GARDE NATIONALE

demandé. Il ne veut pas faire cesser la disgrâce de Marnionl parce que Monsieur serait furieux si en même temps Fitz-James ne reparaissait pas à la Cour. Il roconnait le droit du maréchal Suchet de rentrer à la chambre des pairs, mais il n'y appellera pas le maréchal Mortier sans y appeler aussi des amis de Monsieur auxquels cette grâce est promise depuis longtemps. Je vais mander tout cela au duc de Richelieu ».

« Decazes n'était pas fâché d'insinuer de temps en temps à ses collègues, et particulièrement à moi, que le Roi pouvait lui refuser quelque chose. Dans le vrai, Louis XVIII n'était jamais assez dominé par ses affections pour que son favori ou sa favorite n'eussent pas à en redouter un refus. La crainte seule pouvait tout obtenir de lui, excepté peut-être le sacrifice de certains préjugés. Le ministre qu'il eût craint l'aurait toujours emporté sur le ministre qu'il eût aimé. J'ai pensé plus d'une fois que M. de Talleyrand serait devenu maître absolu de Louis XVIII, s'il avait su s'y prendre, comme un maire du Palais, mais Decazes ne pouvait viser plus haut que le favoritisme et c'était déjà plus d'ambition qu'il n'en pouvait justifier. J'allais sortir de chez Decazes, lorsque M. de Serre y entra, il était arrivé la veille à Paris et venait de parcourir pour son plaisir une grande partie de la France. Nous avions su que pendant son voyage il s'exprimait plus que librement sur le minislère et prêchait l'opposition aux élections. Ses manières avec nous ne désavouèrent pas les discours qu'il avait tenus en route. Il affecta avec Decazes, en ma présence, une familiarité presque dédaigneuse qu'il accompagna de conseils si hautains sur la future session, qu'on pouvait les prendre pour une déclaration de guerre.

« Au conseil du 24, nous fixâmes les élections

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