BAL CHEZ LE DUC DE BERRY
>(' justifier à soi-même d'être impitoyable, comme^ dans les jours de bonheur ou d'espoir, d'être aussi eiitraîné.
« Le mercredi 4 novembre, en rentrant du conseil,. je trouvai un billet de A... Arrivée la veille à Paris^ elle était accourue chez M"'"... et elle avait trouvé toutes les lettres que nous nous étions écrites durant son séjour à la campagne, et que celle-ci, pour des raisons qu'elle m'expliquerait, n'avait pu nous envoyer.
« Mon premier mouvement, ajoutait-elle, a été de me jeter à genoux pour remercier Dieu de ce que vous ne m'aviez pas oubliée, mais après avoir lu vos lettres et rappelé le passé, il m'a semblé qu'il ne me restait qu'à vous demander une dernière entrevue; un mot (Je votre bouche, le son de votre voix, un seul de vos regards, m'en apprendra plus que toutes les explications ne pourraient le faire. Ne venez pas chez moi, ne me répondez pas, je suis trop entourée, mais trouvezvous aux Tuileries, sur la terrasse du bord de l'eau à quatre heures, je ne pourrai plus tôt. »
<( Lorsque ce billet me fut porté, j'étais chez le Roi, au conseil. Qu'on se figure mon chagrin en le lisant. A..., faible et souffrante, touchant au terme d'une grossesse pénible, m'aurait attendu vainement jusqu'à la nuit par un jour froid de novembre et sans que même à son retour chez elle un mot de moi vînt lui dire les obstacles qui m'avaient retenu 1 Je voulais à toutes forces lui écrire, essayer de la voir, mais comment y réussir, comment lui faire arriver une lettre? D'ailleurs, une implacable fierté, une raideur inflexible m'arrêtaient toutes les fois que sa famille et surtout sa belle-mère auraient pu me soupçonner de passer par-dessus les torts que leur infernal machia-