IS BAL CHEZ LE DUC DE BERRY
vélism3 avciit voulu placer comm3 un abîme entre A... et moi.
« L'idée me vint qu'elle serait au bal que M. le duc de Barry donnait le lendemain et je m'y rendis de bonne heure. Je m'étais placé debout, appuyé contre la muraille comme si je regardais danser, mais en face •de la porte d'entrée et de manière à voir tous ceux qui arrivaient et à en être d'abord aperçu. Après dix minutes d'attente, je vis entrer A... ou plutôt l'ombre de celle que j'avais tant aimée. Son changement était tel que mes yeux se remplirent de pleurs. Sa pâleur s'accrut encore en me voyant. J'allais m'élancer vers «lie, lorsque, découvrant sa belle-mère qui me regar- ■dait, je m'arrêtai soudain, mes yeux se séchèrent et quand la pauvre A... se fut traînée jusqu'à moi, il y avait déjà dans mon àine plus de courroux que d'attendrissement. Toutefois, je lui appris ce qui m'avait empêché de me rendre au rendez-vous de la veille et lui dis toute l'inquiétude et le regret que son billet m'avait causés. Elle était si troublée en m'écoutant, ses traits étaient si altérés, son sein haletait avec une telle violence, que je fus effrayé et me hâtai de terminer brusquement rontrctien, A ce moment, A... ne put retenir ses larmes, et jje craignis qu'elle ne vint à s'évanouir. Le duc de Fitz-James, qui Tavait toujours aimée comme une fille et qui observait ce qui se passait entre nous, s'avança et la forçant presque à s'appuyer sur son bras, l'emmena dans le salon où l'on ne dansait pas. M y eut dans le mouvement do Mtz-James, dans sa démarche, une sorte d'autorité et ■de prétention qui me blessèrent et me firent souvenir qu'à moi seul il appartenait d'être le refuge de celle dont j'avais seul causé et pouvais seul consoler toutes les douleurs.