‹ Le comte Molé, 1781-1855 (volume 2)Chapitre 35 sur 232 · ENTRETIEN AVEC LE DUC DE BEDRY · texte numérisé non relu

ENTRETIEN AVEC LE DUC DE BEDRY

« Je répondis au duc de Berry, comme j'avais coutume de le faire, en lui tenant tète doucement mais nettement II était de belle humeur ce jour-là.

(( Allons, mon cher Mole, me dit-il en me frappant sur le genou, je vois bien que vous êtes incorrigible. Quel dommage que nous ne puissions ramener à nous un homme monarchique, de caractère et de talent tel que vous. »

(( Je n'eus pas le temps de répliquer à ses politesses, Monsieur vint à passer et il le suivit.

« La nuit était déjà avancée. Je pus enfin revenir chez moi, on pense bien que ce ne fut pas pour y dormir. Je ne me mis même pas au lit, et quand le jour me fit éteindre mes lumières, j'appelai mon secrétaire pour m'obliger à sortir de la navrante rêverie où j'étais resté plongé. Mais avant neuf heures je reçus un gros paquet, dont l'adresse était de l'écriture de A..., et renfermait les lettres d'elle, que M"**... ne m'avait pas envoyées, et ce billet dont l'écriture était à peine reconnaissable :

i heure du matin, vendredi.

« Voilà ces lettres. Je rougis qu'elles soient nécessaires pour vous convaincre, mais jusqu'à la fin je ne laisserai pas un prétexte à Vivjtistice. Vous me trouverez téméraire d'employer ce mot. Il est trop vrai, un passé, que chaque jour me montre plus irrémédiables semble m'interdire de m'en servir, mais le moment n'est pas éloigné, j'espère, où vous viendrez sur ma tombe, reconnaître que la justice la plus sévère met des bornes aux expiations. »

« Cet accent si douloureux était aussi celui d'une

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