‹ Le comte Molé, 1781-1855 (volume 2)Chapitre 47 sur 232 · AFFAIRES AVEC ROME · texte numérisé non relu

AFFAIRES AVEC ROME

maréchal Gouvion perd tout et il n'y a de salut quen s'en séparant. » En me répétant ces paroles, Decazes ajouta : « Ce serait pour nous le coup de grâce que I;i retraite du maréchal, rien ne m'y fera consentir. »

(( Cependant les deux partis me ménageaient également et faute de me connaître fondaient sur moi des espérances. Les libéraux cherchaient, en me rappelant ma carrière politique sous Napoléon, à m'éloigner de leurs adversaires et ne cessaient de s'adresser à mon amour-propre et à mon ambition pour me séparer de M. de Richelieu. Les royalistes, au contraire, en appelaient à mon nom, à mes talents, à ce qu'ils appelaient mes opinions monarchiques ; enfin, ils m'insinuaient que mon crédit sur M. de Richelieu me rendait seul propre à le rapprocher des royalistes et à sauver la dynastie et la France. Les uns et les autres remplissaient mon salon dès que je l'ouvrais et je me plaisais à les réunir à ma table indistinctement.

« Le conseil du vendredi 20 renouvela, grâce à mon opiniâtreté, la discussion des affaires avec Rome. Lorsque je m'assis, Decazes et Pasquier se communiquaient avec mystère des lettres de M. de Richelieu dont ils m'annoncèrent le retour pour le 25. M. Laine nous lut la lettre qu'il se proposait de faire signer au Roi pour le cardinal de Périgord. Sa Majesté y autorisait le Grand Aumônier à consulter les évêques sur le projet de convention avec le Pape. J'attaquai de nouveau cette consultation en principe.

« Le Roi, m'écriai-je, pourrait tout au plus la tolérer, mais en l'autorisant il reconnaît le Concordat de 4817 qui ne saurait être considéré comme loi de l'État, puisque les chambres ne l'ont pas adopté et que même celle des députés s'apprête à le repousser. D'ailleurs, une autorisation de cette nature ne doit émaner du

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