‹ Le comte Molé, 1781-1855 (volume 2)Chapitre 53 sur 232 · LF COMTE DE NESSELRODE · texte numérisé non relu

LF COMTE DE NESSELRODE

qu'un personnage secondaire, médiocre d'esprit et d'importance et de nature. Il faisait en effet son ministère en premier commis et toutes les grandes alTaires se traitaient entre Alexandre et le comte <Japo d'Istria. Du reste, Nesselrode avait évidemment la mission secrète de s'assurer par lui-même moins encore de l'état de la France que de la situation du ministère et des intrigues qui le divisaient. Il insista sur la nécessité de retenir M. de Richelieu et m'en parla comme du seul homme auquel son maître pût se fier en France, tout en connaissant bien, me dit-il, l'insuffisance de son esprit.

u Le lundi nous nous réunîmes en conseil. On y chargea M. de Richelieu et M. Laine de se concerter avec le cardinal de Beausset pour obtenir du Grand Aumônier que le bref du Pape relatif à la consultation des évêques ne soit pas publié et pour ôter à la consultation elle-même tout caractère officiel. On mit ensuite sur le tapis le renouvellement quinquennal ; personne n'osait plus le combattre, faute de trouver un expédient à lui substituer. Toutefois, il fut convenu qu'on ne le proposerait pas îi la chambre sans s'être assuré de la majorité, homme par homme et voix par voix.

« Le 30 de bon matin, je retournai chez M. de Richelieu. Il me reparla du projet formé par Decazes de céder momentanément la place à un ministère incapable et éphémère, auquel il croyait bientôt succéder. Les doctrinaires favorisaient ce projet et il ne déplaisait, pas au Roi. Decazes eût trouvé moyen de réunir par là l'honneur et le profit, l'honneur, en sortant des affaires avec M. de Richelieu et le profit en y rentrant avec lui.

« M. de Richelieu savait tout, voyait tout, souffrait tout. L'armée seule l'inquiétait, et il m'annonça l'in-

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