POSITION DE M. MOLE
moins néreï^saire que le favori. Baring avait supplié M. (Je Richelieu de demander aux alliés de venir au secours de la place eu n'exigeant que dans dix-huit mois ou deux ans les cent millions qui devaient leur être livrés au cours.
« Le vendredi H je me rendis chez notre président à ni*uf heures et demie du matin, h 'ure où il déjeunait, pour savoir le résullatde sa démaj-che auprès des ministres étrangers. Je le trouvai retiré dans son cabinet avec MM. Baring et Laine et dans le salon ses familiers (]araman, d'iJanlerive, Rayneval, Castelnau achevaient de déjeuner. Un huissier m'annonça au duc qui me fit dire ifaitfti'h'e. A ce mot, je l'avoue, je reliai confondu. Dans les formes de notre gouvernement, avec un ministère responsable et solidaire, il était inouï que le président du conseil refusât à un de ses collègues l'entrée de son cabinet lorsqu'il y traitait une de5 principales affaires du ministère et de l'Klat. La réponse dj l'huissier causa tant de surprise aux conviv»'S du déjeuner qu'ils ne pou^^ient en croire leurs oreilles et dirent à l'huissier que M. de Richelieu n'avait sûrement pas bien entendu mon nom, mais l'huissier L-s ayant assurés formellement du coi»lraire, je me retirai.
«< Je connaissais trop le duc de Richelieu et ses sentiments à mon égard pour croire qae j'eusse réellement à m'en plaindre. Toutefois, en r «ntrant chez moi, je lui écrivis pour lui faire senlir sa faute et en attendant sa réponse, je me rendis auprès du Roi à qui je voulitis m'ouvrir une fois sur l.i situation du ministère. Je lui déclarai que li retraite deDecazes, en alarmant tous les intérêts nouveaux, pouvait, dans le moment actuel, exercer une influence bien funeste sur le crédit et la fortune publias et je m'étendis à