BAISSE DÈS FONDS PUBLICS
« Ici j'interrompis ce brave et excellent homme, dont l'excessive délicatesse égarait le jugement et après l'avoir embrassé et sjrré dans mes bras :
« Y pensez- vous, lui dis-je? et votre réputation peut-elle souffrir de ce que des événements imprévus ont rendu impossible l'exécution intégrale d'un traité que vous avez signée Est-il en votre pouvoir d'empêcher la baisse deseiïets publics, dépend-il de vous que cette baisse ne pèse sur les préteurs de l'emprunt et ne les mette dans l'impossibilité de remplir les conditions si on ne leur accorde quelque délai? Les él rangers seront plus justes pour vous que vous ne l'êtes vous-même, ils vous donneront les facilités nécessaires et ne rabattront rien de l'immense considération que vous leur inspirez. »
« M. de Hichelieu, au lieu de se rendre à mes raisons, ne cessait de déplorer la démarche qu'il allait faire ; je le reconduisis dans ma voiture au Pont Royal où l'attendait la sienne. En nous séparant, nous nous embrassâmes de nouveau et nous jurâmes une amitié qui ne devait finir qu'avec nous et à laquelle, hélas, les intrigues de Djcazes, ses insinuations perfides et aussi celles de M. Pasquier ne portèrent que trop d'atteinte.
« A trois heures le même jour, nous nous réunîmes en conseil. La rente était de trois francs plus bas que la veille, c'est-à-dire à 60 francs. L'alarme était au comble. M. de Richelieu nous apprit que, comme je l'avais prévu, le duc de Wellington s'était montré très favorable à notre demande. Mais il y avait dans le désespoir obstiné de notre président d'avoir à former cette demande une exagération qui faisait moins ressortir en vérité que l'insuflisance de son esprit l'excès de sa délicatesse. Le fait est que, malgré toute sa