ATTITUDE DE ROY
me conjurait de m'employer auprès de M. Roy pOBr qu'il gardât les Finances. Quant à Decazes, il inclinait au parti le plus dangereux; il le laissait se retirer à Éliolles et voulait que le Roi lui-même prononçât en conseil sur le sort de son favori.
« En rentrant pour me coucher, j'appris que M. fcf duc d'AngouIême m'avait fait prier de venir chez lui, mais il était trop tard et le lendemain de grand matin ce prince partait pour une absence de plusieurs» jours.
« Le lendemain 12, je fus chez M. Roy pour m'ae-J quitter de la commission que m'avait donnée M. dei Richelieu. Il vint à ma rencontre. « Depuis le dernier conseil, me dit-il, je souhaitais vivement de causer avec vous. Je ne me faisais pas une idée juste de rii>* térieur du ministère avant d'en faire partie. Je sens qu'une nouvelle administration est nécessaire, mais» en même temps je reconnais que, si Decazes et le maréchal se refirent, ils acquéreront tant de popularité que leurs successeurs seront odieux à la Nation et attireront peut-être sur leur tète une proscription inévitable; ja vous déclare donc que, tout en jugeant Dicazes et reconnaissant tous les vices de son admr-f nisi ration, rien ne mi fera rester après lui. »
« Je m'y pris de toutes les façons pour ébranler la résolution de Roy, mais elle était inébranlable. Ce qui me frappa le plus en lui, dans cette circonstance comme dans plusieurs aulres, fut un désir effréné d'être ministre que dominait encore la crainte d'exposer ié moindre partie de sou immense fortune ou sa lête à là proscription. Je le quittai après une heure de discussion, où il ne m'avait laissé aucune espérance de le convertir.
« Ce même jour la chambre des pairs s'assembla