ATTITUDE DE LAINÉ
pour former son bureau et nommer la commission de l'adresse. La nouvelle majorité composée des réunions dites cardinalistes et d'Uzès portèrent Mathieu de Montmorency et M. de ïalaru, l'un des propriétaires et signataires du Conservateur. Celait prendre tout de suit3 pour éttindard ce qu'il y avait de plus exagéré en royalisme et jésuitisme. Quand la minorité, qui pour la première fois se trouvait minorité, vit sortir de pareils noms de l'urne, son exaspération fui extrême. Decazes parcourait ses rangs en l'excitant du geste et de la voix et répandant que la révolution qui venait de s'opérer dans la chambre était l'ouvrage du duc de Richelieu et due à son changement de parti.
« Je racontai à ce dernier maconversalion avecM. Roy, il me confia celle qu'il venait d'avoir avec Louis XVI IL Ayant été rendre compte à ce monarque de notre conseil de la veille et des opinions que chacun y avait professées, il fut frappé de l'indilîérence avec laquelle son récit était écouté et même sa personne reçue. M. de Richelieu, un peu interdit, avait fini par prier instamment le Roi de présider lui-même un conseil où on en finirait et pour toute réponse avait oblenu eus paroles prononcées du ton le plus sec : « Eh bien, le jour ordinaire, mercredi. »
« Vers la fin de la matinée, je passai deux fois chez Decazes sans pouvoir le rencontr îr. J'allai alors chez M. Laine qui me parla avec abandon.
« D 'puis que je suis dans le ministère, médit il, je lutte, comme vous le voyez chaque jour, contre les intrigues et le despotisme de Decazes. Il faut avoir connu, comme je l'ai fait, ce jeune homme depuis son origine pour savoir le peu qu'il vaut et les méprisables moyens par lesquels, sous tous les régimes, il est parvenu. Le joug d'un pareil homne nesaurait être