‹ Le comte Molé, 1781-1855 (volume 2)Chapitre 86 sur 232 · CHAPITRE Vï · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vï

Les derniers jours du minislère Richelieu. — Démission des miuislres. — Froideur de Louis XVIIL — L'administratioa du duc de Richelieu. — Le comte Mole rentre dans la vie privée. — Une lettre du duc d'Otrante.

« Cependant, le jeudi il, le Roi présida le conseil qui n'avait pu se réunir la veille. Il était souffrant de la goutte. Après que les affaires courantes eurent été expédiées, M. de Richelieu invita chacun de nous à résumer devant Sa Majesté son opinion sur les grandes questions que nous avions débattues les jours précédents. Le garde des Sceaux parla lo premier et après avoir longuement fait ressortir tous les inconvénients de chaque parti qu'on pouvait prendre, il n'en choisit aucun. Après lui, le maréchal reproduisit son plan plus énergique qu'ingénieux, qui consistait à suivre bride abattue la ligne libérale, en se réservant le remède du canon et des baïonnettes, qu'il se chargeait d'administrer aux libéraux le jour où ils ne se laisseraient plus du tout gouverner. Mon tour vint. J'étais las de toutes ces allocutions et dissertations sans résultat. Je résumai en très p^u de termes tout ce que j'avais dit précédemment. Laine insista sur la nécessité de suspendre la liberté de la presse et de changer la loi des élections, c'était le symbole d'alliance avec la droite et une déclaration de guerre au favori. M, Roy ne fit qu'appuyer ce

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