PROFESSION DE FOI
lecteur, qu'en cessant d'être Grand Juge de Napoléon quand il avait abdiqué, j'avais bien moins dit adieu aux affaires qu'en sortant du ministère de le Marine SOUS Louis XVIU.
« Pourquoi ne déposerais-je pas ici ma pensée tout entière et n'exposerais-je pas une fois pour toutes mes principes sur un si grave sujet? Je ne suis pas légitimiste^ , je ne crois pas que Dieu nous fasse naitre le sujet d'un homme parce qu'il est fils de son père et que nous puissions ou devions servir la volonté de cet homme, quelque mai qu'il en résulte pour notre pays. Tous les devoirs que les légitimistes se reconnaissent envers une famille, je soutiens qu'on les a envers sa patrie ; c'est elle que l'on doit servir et défendre au prix de tout son sang. Or, le pire des maux et des malheurs dont on ait à la préserver est ce qu'on appelle révolution ou contre-révolution, selon le point de vue d'où l'événement se considère. De là, l'obligation d'obéir |au gouvernement établi et aux lois telles qu'elles existent. Ceux qui ne sauraient se passer de droit divin pourraient se donner satisfaction dans mon système, car aucun gouvernement ne s'établit, ne s'affermit sans l'ordre ou la permission de celui de qui tout est vu, de qui tout émane. Les légitimistes, dans leur servilité hautaine, placent la patrie dans une famille, et tiennent à honneur de ne servir que cette famille. Aussi je n'estime pas que l'honneur puisse être en opposition formelle avec le bon sens, et le bon sens comme l'expérience m'apprennent que le but du gouvernement est le bonheur et le perfectionnement de la race humaine. Celui qui remplit
1. Plus tard, la poussée des événements devait le ramener à la légitimité.