PROFESSION DE FOI
ce but est nécessairement le meilleur ; il n'y en a point de plus légitime.
« Loin donc que je m'excuse d'avoir servi plusieurs gouvernements ou plutôt d'avoir exercé sous plusieurs gouvernements des fonctions publiques, je m'en vante, et je soutiens que le concours est dû comme l'obéissance, avec cette différence que l'obéissance est obligée envers tout gouvernement existant, tandis que le concours n'est honorable ou permis que si l'on partage les principes sur lesquels le gouvernement repose et d'après lesquels il se dirige.
<( Sous l'empereur, j'étais profondément convaincu que le despotisme de son génie était la seule issue praticable, et certainement la plus heureuse, aux temps d'anarchie et d'horreur dont nous sortions. Son incorrigible ambition m'avait fait regarder dès longtemps sa chute comme inévitable, mais j'aurais tenu à honneur de donner tout mon sang pour la retarder d'un seul jour,
(' La première Restauration me trouva résigné, mais distant. Les Bourbons et ceux dont ils étaient entourés me semblaient marcher aveuglément à une catastrophe certaine et méritée.
« Dans les Gent-Jours, je désapprouvai l'entreprise. Malgré son magique début, je ne la crus jamais susceptible de succès, et elle exposait infailliblement la Franco à une seconde invasion, suivie peut-être d'un partage. J'aurais dû m'abstenir, je le voulus, je le fis d'abord, mais après avoir refusé trois ministères, résisté aux plus vives instances de l'homme que j'ai le plus admiré sans jamais descendre, je cédai, je n'ose dire à l'idée que j'affligerais l'àme d'un tel homme, mais surtout à la crainte qu'il ne m'accusât de l'abandonner parce que je ne croyais pas à son succès.