‹ Le comte Molé, 1781-1855 (volume 2)Chapitre 99 sur 232 · POZZO ET LE MINISTÈRE DESSOLLE · texte numérisé non relu

POZZO ET LE MINISTÈRE DESSOLLE

comme tout ce que faisaienlles doctrinaires, ce projet eut peu de succès à la cliambre.

La tendance du ministère vers la ^auclie inquiétait l'Europe et spécialement la Russie. Fozzo en perdait la tète. Il déclara à Dcîssoile que si l'on rappelait les pairs éliminés, il sonnerait le tocsin en Europe. Le plénipotentiaire russe se préparait h faire à Dec;izes la même déclaration avant d'envoyer son courrier à Péler-.bourg, el prédisait la guerre av ml dix-huit mois et le partaf^e de la France si le ministère n'était pas changé et M. de Richelieu rappelé. Son plan était de s'atliier une leltre d'Alexandre qui l'autorisât à en parler au Roi et d'écrire alors h M. de Ri«-helieu pour lui prouver qu'il devait revenir, ne se rendant pas compte di l'inutilité de cette démarche. « EntoutPozzo se cassera le coi », écrit M. Mole*.

Pour diminuer l'opposition de la droite, Dacazes travaillait à se rendre favorable le duc d'Angoulème. Ce prince confia à M. Mole que Decazes cherchât à « l'empaumer », en proposant au conseil de lui donner, comme au duc d'York en Angleterre, le personnel dé l'armée. Tous les ministres, sauf Portai, repoussèrent cette proposition. En réponse à l'idée de Decazes, Gouvion, toujours hostile aux Bourbons, souleva à ce même <*on-ieil la question du renvoi des Suisses; Louis XVIll lui répondit avec colère de ne jamais lui en parler. L'unanimité, comme on le voit, ne régnait pas au sein du ministère.

Le 6 février au soir, M. Mole se rendit au cercle de Dessolle avec M"'* Mole ; il y fut bien reçu et s'entretint longtemps avec le président du conseil. Celui-ci, pour la première fois, laissa percer l'idée qu'il pourrait

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