‹ Le comte Molé, 1781-1855 (volume 3)Chapitre 100 sur 204 · ET COMMUTATIONS DE PEINES · texte numérisé non relu

ET COMMUTATIONS DE PEINES

nance portant que les préfets rendraient compte au ministre de l'Intérieur de la conduite des détenus et que sur ces renseignements le garde des Sceaux ferait chaque année, à la Saint-Louis, un rapport au Roi sur les grâces ou commutations de peine qui auraient été méritées par un sincère repentir. Ces belles dispositions étaient précédées d'un amphigouri philanthropique en forme dé considérant. C'était rendre les peines révocables et, par conséquent, leur ôter leur plus pénétrant aiguillon ; c'était apprendre à l'homme tenté de commettre le crime qu'il aurait encore un espoir après l'avoir commis; enfin c'était soumettre le droit de grâce aux règles de la justice et ôter à celui qui porte la couronne le libre exercice de sa bonté. Pasquier se doutait si peu de ce qu'il faisait que cela ne lui parut pas digne d'occuper le conseil et que je coanus l'ordonnance par le Moniteur seulement.

» La faiblesse le disputait à la légèreté dans toute la conduite ministérielle ; chaque jour elle se trahissait par de nouveaux traits. Le Monileur annonça que le chef du côté droit, M. de Villèle, avait cessé d'être maire de Toulouse parce que la plupart de ses propriétés se trouvaient hors de la ville. La raison était pitoyable et accusait le besoin d'apologie. On le sentit, et le Moniteur se rétracta le surlendemain en disant que M. de Villèle avait donné lui-même sa démission à cause de sa santé. Cette même faiblesse était poussée jusqu'au ridicule à l'égard des maréchaux dont on s'exagérait encore l'importance et qui en élevaient d'autant plus haut leurs prétentions. Jamais Decazes ne voulut comprendre que ces compagnons d'Alexandre n'étaient point ses successeurs et qu'ils n'étaient plus rien, servant un autre maître.

« Cependant Mac Donald nous faisait la loi ; il était

Page 1