‹ Le comte Molé, 1781-1855 (volume 3)Chapitre 105 sur 204 · L\ TRAITE DES NOIRS · texte numérisé non relu

L\ TRAITE DES NOIRS

même reçu des instructions écrites de ma main et de l'exécution desquelles je l'avais rendu responsable en tant que cela pourrait dépendre de son zèle ou de sa volonté, lorsque le Morning Chronicle publia une lettre d'un Anglais établi au Sénégal qui signalait de nouveaux faits dont il avait été témoin; je répondis en insérant au Moniteur, les ordres que j'avais adressés aux commandants des ports et des colonies pour vérifier les faits dénoncés par l'Anglais et en poursuivre les auteurs; mais notre législation elle-même m'olTrait trop peu d'appui, il me parut indispensable <lt' présenter aux chambres une loi nouvelle.

« Dans le conseil, il n'y avait que M. de Richelieu qui voulût aussi sincèrement que moi, la suppression de la traite. Laine la voulait bien en spéculation et en principe, mais ses habitudes et ses liaisons bordelaises l'empêchaient de seconder mes efforts. Quant aux autres ministres, je rougis de le dire, ils n'y voyaient qu'une rêverie philosophique ou du machiavélisme anglais. La nécessité seule de ménager le cabinet de Londres les empêcha de repousser mon projet de loi. Je le préparai donc et le rédigeai malgré mes bureaux, surtout malgré Portai, et je le montrai à Sir Charles Stuart pour lui prouver notre bonne foi. En même temps, je ne négligeais rien pour répandre parmi les noirs quelques germes de civilisation. J'établis au Sénégal plusieurs écoles d'enseignement mutuel dont j'obtins en fort peu de temps des résultats merveilleux.

« L'Angleterre venait de conclure un traité avec l'Espagne et le Portugal, par lequel ces deux puissances s'engageaient à proscrire le commarce des esclaves à des époques déterminées, partout où s'étendait leur domination. Le roi Georges IV annonça

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