‹ Le comte Molé, 1781-1855 (volume 3)Chapitre 106 sur 204 · LA TRAITE DES NOIRS · texte numérisé non relu

LA TRAITE DES NOIRS

lui-même ce traité à son parlement en protestant de sa constante coopération à l'accomplissement du vœu formé depuis si longtemps par tous les amis de l'humanité. J'avais honte pour la France que son gouvernement semblât marcher à regret à la suite de l'Angleterre dans cette noble route. Je saisis avec bonheur l'occasion de lui faire tenir un langage digne d'elle en présentant la loi aux députés'. Elle était en deux articles : le premier portait que toute contravention commise par des sujets de navires français ou par des sujets de navires étrangers dans les pays soumis à la France seraient punie de la confiscation du navire et de la cargaison et de l'interdiction du capitaine s'il était français. L'article 2 désignait les tribunaux qui jugeraient les délits. Le discours et la loi furent accueillis avec une grande faveur au centre gauche où siégeaient les hommes à principes; dans les autres parties de la salle, soit que les intérêts coloniaux y dominassent, soit cette indifférence dont j'ai signalé la cause, on se demandait en m'écoutant comment un homme aussi exercé aux affaires que moi, un esprit aussi positif que le mien, pouvait se prêter à de telles rêveries. Heureusement, la cause que je soutenais était de celles qu'on n'ose combattre ouvertement et la loi passa dans les deux chambres sans la moindre opposition.

« Mais l'Angleterre n'était pas encore satisfaite. Lord Castlereagh vint à Paris et se plaignit encore des infractions au traité qui avaient lieu tant au Sénégal que dans nos Antilles. Je lui prouvai par des documents authentiques que la traite s'était faite encore plus dans les possessions anglaises et particulièrement

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