‹ Le comte Molé, 1781-1855 (volume 3)Chapitre 111 sur 204 · DESTITUTIONS · texte numérisé non relu

DESTITUTIONS

véritable amour je ne suis plus qu'un arbre transporté en terre étrangère et qui ne porte plus ses fruits.

« C'est alors que Decazes et tout le ministère se firent un ennemi irréconciliable d'un personnage dont on a beaucoup parlé dans la suite et qui ne fut jamais qu'un véritable sacripant. Le général Donadieu, dont les ultras se promettaient tant de bons services depuis l'ardeur qu'il avait montrée à Grenoble, fut remplacé dans son commandement par un brave officier nommé Ledru-Desessart. En même temps, je réussis à faire envoyer en Corse le général Vignoles, ministre de la Guerre du royaume d'Italie sous Napoléon, et le préfet Saint-Genest qu'il remplaçait vint lui-même succéder dans la Haute-Marne au préfet de la Salle destitué. Ce de la Salle était, je crois, un ancien émigré; il en avait du moins tous les préjugés et toutes les opinions. Pasquier, quoique son cousin et lié avec lui, fut le premier à souscrire à sa destitution. Lorsqu'il ne s'agissait que de sacrifier ses amis au bien public, Pasquier ne connaissait pas de borne à son dévouement.

« Une autre destitution importante de cette époque fut celle de Dudon, président de la commission mixte des liquidations étrangères. La voix publique l'accusait d'une vénalité scandaleuse. Quelques-uns de mes collègues croyaient en avoir des preuves entre les mains. La vie entière de Dudon et le mariage qu'il avait fait venaient à l'appui de tels soupçons. Toutefois les torts graves, les insultes dont il s'était rendu coupable envers M. de Richelieu lui fournirent le prétexte de représenter sa disgrâce comme une vengeance personnelle. De ce moment, il voua une haine mortelle au président du conseil et devint

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