L INDEMNITE AUX ALLIES
menaçaient de s'élever à 1 milliard 390 millions, sur laquelle somme la liquidation n'avait opéré qu'une faible réduction. Il était si évident que la France ne pouvait acquitter une pareille dette, jointe à ses autres charges, que les parties intéressées elles-mêmes ne pouvaient se refuser à une transaction; toutes, à l'instigation de l'empereur Alexandre, avaient choisi le duc de Wellington pour arbitre. Sa loyauté le rendait plus propre qu'un autre à terminer, de concert avec le duc de Richelieu, une affaire de cette nature. Trois actes avaient donc été passés entre eux, qui fixaient à 16 millions de rentes le supplément que la France devait ehcore fournir pour le paiement de ses dettes envers les sujets étrangers.
(( M. de Richelieu ne borna pas là ses demandes à la chambre et l'époque facultative de notre délivrance approchait; les souverains, de qui nous l'attendions, (levaient bientôt se réunir et il fallait nous mettre en mesure d'acquitter notre rançon, c'est-à-dire tout ce qui resterait du sur les 700 millions; il demandait pour cet objet un crédit éventuel de 24 millions. Son discours plein de dignité pour la France, de ménagements pour les souverains alliés et d'égards pour le duc da Wellington, reçut l'accueil qu'il méritait. La chambre, se confiant dans les paroles et les efforts d'un si grand homme de bien, vota sans discussion et accorda tout ce qu'il lui demandait.
« La chambre des pairs imita, surpassa même, l'imposante résignation des députés et vota à l'unanimité les crédits. Le budget n'y rencontra que deux opposants et la discussion y fut bornée à leurs discours, après celui de Garnier, rapporteur né, qui chaque année reproduisait quelques idées saines, mêlées aux plus systématiques et même aux plus extravagantes.