DU MINISTÈRE
faire son examen de conscience, se juger lui-même et voir s'il a rempli les espérances qu'il avait fait ou laisse' concevoir à la fin de la dernière session ; il avait dit à la majorité des deux chambres, qui devenait chaque jour plus exigente, il lui avait dit : « Vous ne m'arracherez rien, mais je vous donnerai tout ce qui est raisonnable et juste entre les deux sessions. » Qu'avait-il entendu par ces paroles, et quel sens l'opinion publique et la majorité dans les deux chambres y avaient-elles attaché? Les améliorations que l'opinion publique et la majorité des chambres se flattaient surtout d'obtenir étaient : 1° l'unité du ministère, première condition du gouvernement représentatif; 2° de vastes économies ; 3** les institutions et les projets de loi réclamés depuis longtemps.
« L'unité du ministère. Le seul obstacle pour y arriver est le duc de Feltre, car rien, ni personne ne recommande ou ne défend le ministre de la Marine, et si on trouve de la difficulté à remplir le ministère de la Maison du Roi, on le supprimera quand on le voudra ; on ne peut garder le duc de Feltre sous le rapport de la capacité ; il n'est pas sans inconvénient de le renvoyer. Les royalistes s'étonnent que le Roi ne se contente pas d'avoir pour ministre de la Guerre, celui que Napoléon trouvait bon comme tel, ou tout au moins suffisant, ils demandent si ce n'est pas le même homme, ce qu'on lui reproche, si ce n'est d'avoir été fidèle à ses nouveaux serments lorsque tant d'autres les trahissaient; d'un autre côté l'armée, l'opinion, les chambres le repoussent et ont le sentiment de sa profonde incapacité; il est douteux qu'il puisse traverser la session, se soutenir contre la prévention des chambres, et il faut avant tout qu'elles ne le renversent pas ; je comprends toutefois qu'il fût