NÉGOCIATIONS AVEC LE PAPE
à être soumis aux chambres. Il se plaignait amèrement, et non sans justice, de la versatilité du gouvernement français et déclarait au surplus qu'il ne se refuserait ni à une réduction du nombre des sièges, ni à des propositions qui, sans rien changer au Concordat, lui seraient faites dans l'intérêt de la religion et en considération des circonstances. De notre côté, nous avions bien aussi quelques reproches à faire au Saint-Père. Il avait adressé un certain bref qu'il eut bien de la peine à expliquer au député Marcellus, dévot ultramontain et royaliste exalté, lequel avait provoqué le dit bref par une lettre consultative au Souverain Pontife, lettre que nous aurions pu déférer avec succès aux tribunaux. L'arrivée de Portalis à Rome envenima d'abord les affaires que sa servilité devait ensuite aplanir. M. de Blacas, dans son dépit, demanda à s'éloigner de cette résidence sous le prétexte d'aller à Londres poursuivre le libelliste Goldsmith qui l'avait insulté, mais le Roi, sur l'avis de Decazes et de M. de Richelieu, lui en refusa la permission.
« Avant d'entrer au conseil, le duc me parla encore de sa retraite, et pour la première fois me confia qu'il ne serait pas éloigné de désigner Pozzo pour son successeur. On voit qu'à cet égard ses variations et son incertitude étaient extrêmes, mais sa plus grande erreur était de croire que sa retraite ne serait pas une crise qu'il ne pourrait gouverner, et qu'il resterait le maître de choisir les mains entre lesquelles il résignerait le pouvoir. Il insista de nouveau pour que je ne me retirasse pas avec lui et je lui présentai toujours ma résolution comme inébranlable.
« A l'ouverture de la séance, Decazes nous lut de nouveaux rapports de police qui semblaient ne point