‹ Le comte Molé, 1781-1855 (volume 3)Chapitre 132 sur 204 · WELLINGTON ET LE COMPLOT · texte numérisé non relu

WELLINGTON ET LE COMPLOT

tout allier. S'il avait dû à son mérite son élévation, s'il avait eu des mœurs plus simples et des manières plus graves, on eût été touché de le voir s'entourer ainsi des siens sans crainte de rappeler son origine; au lieu de cela, toute cette bigarrure, dans laquelle il se pavanait avec tant de complaisance, n'était qu'une fatuité de plus.

« Le lendemain, j'eus un entretien avec le duc de Wellington qui, comme on l'a vu, était revenu à Paris depuis quelque temps. Il était fort occupé de la conspiration et paraissait y croire. 11 me fit même à ce sujet de précieuses révélations. Il m'apprit qu'au moment de son départ, dans les premiers jour de mai, ayant été prendre congé de Monsieur, ce prince lui avoua qu'il avait beaucoup de peine à retenir ses amis, lesquels voulaient toujours entreprendre quelque chose. Monsieur lui confia en même temps qu'il voulait écrire au Roi une seconde fois pour lui demander de changer son ministère. Mais Lord Wellington, qui avait beaucoup de crédit sur lui et à qui il n'osait rien refuser, parvint à l'en dissuader. Le duc me montra ensuite les copies de deux lettres qu'il avait écrites au prince de Hardenberg à la prière de Louis XVIII, pour que le roi de Prusse rendit à la future comtesse Decazes les biens que ses auteurs avaient possédés dans le pays de Sarrebruck. « Le Roi, m'ajouta le duc, ne m'en aurait pas parlé avec plus d'intérêt s'il se fût agi du mariage du duc de Berry; avec cela, le duc de Glûcksberg fera bien de ne pas prendre son nouveau titre, car je ne le crois pas destiné à offrir le premier exemple d'un favori qui ne soit pas tombé. » Le duc de Wellington, avec cette solidité de jugement à laquelle on n'a pas toujours rendu justice, n'avait cessé de regarder la puissance

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