‹ Le comte Molé, 1781-1855 (volume 3)Chapitre 147 sur 204 · AUX ARTICLES DU TIMES · texte numérisé non relu

AUX ARTICLES DU TIMES

suivant j'appris au conseil qu'une marche toute différente avait été' suivie. Gouvion, bien malgré lui et quoiqu'il insistât sur l'insuffisance d'une pareille mesure, avait écrit de la part du Roi au major général de la garde royale de service, pour qu'il mit la Rochejaquelein aux arrêts et ne permît désormais à aucun colonel de la garde de venir de sa garnison à Paris sans permission.

« Tant d'hésitation et de faiblesse ne faisaient qu'enhardir nos ennemis. Aussi Canuel fît-il assigner le rédacteur des Débats pour qu'il eût à déclarer quel était l'auteur de l'article dirigé contre lui. De son côté, Decazes avait fait insérer dans un journal une réponse au Times ainsi que Monsieur l'avait exigé. Mais ce prince, la trouvant peu à son gré et furieux surtout de ce qu'elle ne lui avait pas été préalablement soumise, fit enjoindre à Decazes de se rendre chez lui, lui signifia qu'il voulait un second article, lequel lui serait communiqué avant l'impression ainsi que le Roi, son frère, le lui avait promis. Le favori rapporta ces paroles à Louis XVIII qui, intimidé du courroux de Monsieur, consentit à tout. Mais Decazes ne se tint pas pour battu ; il eut un nouvel entretien avec Monsieur, où il apporta, d'après le récit qu'il m'en tît, beaucoup de présence d'esprit, d'assurance et d'adresse. La conclusion fut un article publié dans le journal des Débats^

{. Voici textuellement cet article :

La sage lenteur des tribunaux dans la poursuite du complot actuellement objet dune instruction, cette lenteur conservatrice de toutes les formes, et par conséquent de la sûreté des prévenus, a dû donner lieu à mille conjectures douteuses. Les versions les plus étranges se sont multipliées; la curiosité et la malveillance travaillent à l'envi sur un pareil sujet, et les feuilles étrangères s'empressent à recueillir tous les bruits de Paris, débitent gravement comme des révélations beaucoup de conjectures douteuses, et d'autres indignes d'être réfutées. Lorsque les tribunaux se taisent, lorsqu'aucune notification légale n atteint un individu, toute supposition tirée de ses opinions réelles

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