‹ Le comte Molé, 1781-1855 (volume 3)Chapitre 148 sur 204 · SUITE D INTRIGUES · texte numérisé non relu

SUITE D INTRIGUES

et corrigé de la propre main du Roi. Decazes avait jugé habilement que, le Roi s'appropriant ainsi l'article, son frère serait bien obligé de s'en contenter. Toutefois ce prince déclara ne le faire que par exprès commandement.

« Cependant les intrigues pour la formation d'un nouveau ministère après le congrès redoublaient d'activité et je passais ma vie au milieu de petites mystifications qui se multipliaient et se croisaient avec tant de rapidité que le lecteur aura de la peine à en suivre le fil. M. de Richelieu vint me dire qu'il avait parlé à Laine de Pozzo pour lui succéder, que Laine lui avait répondu sur ce sujet à peu près dans les mêmes termes que moi, mais qu'à cette occasion Laine lui avait montré la plus ferme volonté de se retirer avec lui, si ce n'était même avant. A peine M. de Richelieu était-il hors de mon cabinet, que Pozzo y entrait pour me raconter son dernier entretien avec le favori; celui-ci, dissimulant toujours, avait fort insisté sur la nécessité de retenir le duc au moins une année encore, afin qu'on eût le temps de préparer les voies du ministère à lui, Pozzo, par la pairie. L'impatient Pozzo voulut aussi attaquer Pasquier sur le même sujet, mais celui-ci évita de s'expliquer, en disant

ou présumées, dans une matière aussi grave, doit être repoussée, jusqu'à ce qu'elle soit prouvée ; c'est là, surtout, qu'il n'y a de coupables que les condamnés, et de suspects que les prévenus ; ce n'est donc pas sans étonnement que nous avons vu quelques journaux étrangers devancer la marche de la justice et livrer au tribunal de l'opinion publique des noms qu'aucune prévention légale n'a atteinte ; mais c'est avec la plus profonde indignation que nous voyons dans ces mêmes journaux des insinuations d'une nature bien plus odieuse encore, puisqu'elles tendent à outrager la Majesté Royale, à insulter le gouvernement et à froisser le cœur de notre Monarque chéri en paraissant méconnaître les sentiments de respect, de fidélité, d'obéissance et de vive tendresse dont tous les princes de son auguste famille sont également animés envers sa personne sacrée.

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