‹ Le comte Molé, 1781-1855 (volume 3)Chapitre 151 sur 204 · LES AFFAIRES DE ROME · texte numérisé non relu

LES AFFAIRES DE ROME

guère, ne consentiraient jamais à modifier encore le (Concordat de 1817. Portalis ajoutait que, d'après tout ce qu'il voyait et entendait, il devenait pressant d'entamer une négociation nouvelle si l'on voulait empêcher la cour de Rome de se porter à des actes qui ne manqueraient pas d'allumer un schisme en France. A cette occasion, M. de Richelieu nous produisit la lopie d'une lettre que le cardinal de Beausset avait écrite de son chef à M. de Blacas pour l'engager à une convention provisoire et interprétative du dernier Concordat. Sans juger quant au fond la proposition de M. de Beausset, je relevai avec chaleur l'inconvenance de sa démarche. Je ne pouvais comprendre que ce prélat si éclairé, si modéré, si sage, se la fût permise et mon étonnement redoubla quand, à cette occasion, Laine m'apprit que M. de Beausset avait signé la fameuse et fatale lettre des évèques au Roi et que même elle avait été rédigée chez lui et devant lui. Dans le clergé, l'habit l'emporte sur le caractère, la position sur les principes. Un évêque est évèque avant que d'être homme ou sujet. Cela est bien, cela est mal, utile ou nuisible selon le cas et la circonstance, mais cela est toujours ainsi. Toutefois, je demandai que l'on distribuât à chacun de nous une copie des importantes dépêches de Portalis et que l'on s'ajournât au vendredi suivant, ce qui fut adopté.

(( L'expédient proposé par le cardinal de Beausset en lui-même était bon et nous en demeurâmes tous d'accord au conseil du vendredi. Portalis fut en conséquence autorisé à négocier une convention interprétative si cela était nécessaire pour ne pas rompre avec Home. Du reste, ce conseil du 1 aoùf fut si pitoyable, tout s'y fit tellement à bâtons rompus, avec une telle indolence, que Pasquier lui-même en fut choqué. La

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