CONTRAT ET MARIAGE
brochure de Chateaubriand y fut un moment mise sur le tapis. Elle avait paru et n'aurait pas été lue sans le nom de son auteur. C'est un de ses plus faibles écrits politiques. Le titre était : Remarques sur les affaires du moment. Aujourd'hui, personne ne s'en souvient,
(( Cependant, les intrigues qui nous divisaient n'étaient plus secrètes ; je fus tout étonné d'entendre la princesse de Vaudémont, chez laquelle je dînais, me dire : « On sait bien que M. de Richelieu se retire après le congrès et que Pozzo le remplace, à moins que M. Decazes ne l'emporte sur Pozzo, auquel il dispute la présidence. »
« Les soins de l'ambition ne détournèrent pas Decazes de la poursuite de son mariage. Il aimait celle qu'il allait épouser, toute laide qu'elle était, et surtout il en était éperdùment aimé. Ce fut le dimanche 9, après la messe, que le Roi signa le contrat en présence de toute la cour. D'abord il appela Saint-Aulaire et lui dit quelques mots bas; s'adressant ensuite au père Decazes, « Je vous fais mon compliment », lui dit-il ; puis au frère, préfet et gendre du marquis d'Arragon : « Comment va votre famille? » Enfin au marié, en rendant la plume au duc de Richelieu qui la lui avait présentée : « Bonheur et Postérité ! » Le soir tout le corps diplomatique, tout ce qu'il y avait de considérable dans l'Etat, se réunit aux parents et amis pour signer le contrat chez M"® de Saint-Aulaire. Là étaient étalés tous les trésors de la corbeille et les présents dont les plus magnifiques peut-être n'étaient pas de nature à être exposés aux regards. Mais la curiosité de la soirée était la tante de Brunswick, qu'on avait fait venir à grand'peine pour que nous vissions de nos yeux toute la grandeur de l'alliance qu'on contractait. Le duc de Richelieu, que toute cette vanité de parvenu